mercredi 7 octobre 2009

Haïku instantané (ça faisait longtemps, hein ?)

Fond sonore : rien
      L'heure de la bombe
Huit heures quarante-six.
Le train stoppe sous la pluie.
Est-elle à sa place ?
-G4rF-

lundi 8 septembre 2008

Biggest hiatus in zi iouniveurse

Fond sonore : rien (pas le temps)


Les plus assidus (ou désoeuvrés) d'entre vous l'auront remarqué, il n'y a pas eu un nouveau message sur ce blog depuis Avril 2008. Ca correspond au moment où j'ai emménagé, commencé à faire le chef pour un projet au taff qui me pompe 8 millions de pourcent de mon énergie vitale et cosmique, et comme la fatigue n'aide pas à l'inspiration... bah ce blog est pour ainsi dire mort.
J'aimerais bien dire qu'il n'en est rien, que je finirais par retrouver assez de patate pour écrire quelque chose, car ce ne sont pas les raisons de s'exprimer qui manquent (et Bob sait que j'aime gueuler ici bas sur bien des choses que l'ensemble du monde n'écoute pas)(ce qui n'est pas toujours un mal).
Mais je me connais, les gars, les filles, je suis lessivé, à plat, et je concentre l'essentiel de mon énergie à faire tourner rond mon boulot et à mettre de côté assez de thune pour pouvoir m'offrir les 2 mois consécutifs de congés sans solde nécessaire à la rédaction du tome 2 de RMA.
En attendant, je vous conseille de vous brancher sur Deezer, de chercher une version "easy listening" de "Girl from Ipanema" et d'imaginer que vous êtes dans un ascenseur, en train de grimper du présent message vers le prochain post... qui ne devrait plus tarder... si un jour je récupère un peu d'énergie... ou de temps libre... lalala... de la musique d'ascenseur... mmmh... tiens, qu'il est moche ce plafond... hmmm oui, moche... moche, c'est le terme parfait pour décrire ce truc... quoi que c'est dommage, ça m'empêche de l'employer pour décrire cette espèce de moquette murale qui est très laide également... mmmh... quelle musique de daube... tou tou tou tou lou toulou toulou... lilala lala... les ascenseurs, c'est chiant... et c'est long... à en désirer connaître les allègres transports verticaux de la cybernétique de Sirius... quoi que... peut-être pas à ce point-là... mmmh... putain qu'est-ce qu'on s'emmerde... rhâlala... vivement qu'on arrive, faut vraiment que j'aille me soulager, moi...
...
la la la...
...
faut qu'je pisse...
...
toum doum doum...
...
pop pop pop pooolop polop tolop...
...
-G4rF-

mardi 1 avril 2008

Dragons

Fond sonore : rien
      En passant (et en attendant que je puisse relire un livre, parce que je viens de déménager mais j'ai plein de cartons à ouvrir et je suis fourbu), un petit article sympa à lire avec des dragons dedans. Ryû power !
-G4rF-

samedi 22 mars 2008

En attendant ma chronique littéraire

Fond sonore : nada nada nada, rien de rien, il est 1h du mat' et j'écoute plus rien à cette heure-là !
      Je vous encourage à lire l'article de M. Paul Villach paru récemment sur AgoraVox. Je suis tombé dessus totalement par hasard, de clic en clic sur les actualités Yahoo!. S'il y a un truc à retenir, c'est que les codes du passé n'ont plus aucune valeur aujourd'hui, en tout cas pour ce qui concerne la confiance qu'on peut avoir en un medium comme Le Monde.
            J'ai personnellement été éduqué avec l'idée toute faite que "Le Monde est un journal sérieux" et "Les gens qui lisent Le Monde tous les jours sont probablement plus cultivés que les autres". J'ai 31 ans, bientôt 32, et je ne lis toujours pas Le Monde. Et pourtant, sans vouloir me jeter des fleurs, côté culture je ne suis pas le dernier. Et depuis que je prends un peu de temps pour ausculter, par presse libre interposée, les maux communs de notre charmant pays avec toute ma compétence ordinaire de citoyen votant, je vois tomber de haut des clichés de ce genre. Par exemple, depuis que je sais qui est Alain Minc, et tout le bonheur que nous lui devons directement ou indirectement, et la haute teneur des retombées des "conseils" de ce gugusse distribués en hauts lieux pour le pékin moyen qui, lui, est déjà moins malheureux qu'à l'ordinaire quand il parvient à épargner 5 € sur son compte à la Poste, hé ben je n'ai plus peur de dire que je ne lis pas "Le Monde". Je n'en suis pas fier. Y'a pas de quoi. Simplement, je n'en vois pas bien l'utilité tant que ce journal, a priori garant d'une certaine qualité journalistique et d'une volonté sincère d'informer, n'aura pas fait le choix d'extirper les racines partisanes qui lui restent collées au popotin.
      Par contre, je lis "Le Canard Enchaîné" et je lis "Charlie Hebdo", et je lis tous les jours les brèves issues de Libération, des Echos, du Monde, du Nouvel Obs, de GameKult, de Techno-sciences, de PCInpact, de Hardware.fr, de Nin.com, plus les conneries Insolite et People de Yahoo! qui aident à se faire une belle cervelle en sauce blanche entre 2 builds Maven. Je ne lis pas les brèves du Figaro, elles sont tous les jours à la télé dans les blablas gouvernementaux.
            Sans tomber dans le travers jusqu'au-boutiste du "tous pourris, tous coupables" qui aide bien les cons à se dédouaner de toute sensation de complicité quand ils se font baiser la gueule par les gens pour qui ils n'assument pas d'avoir voté, il est utile de subir de temps en temps ces piqûres de rappel afin de bien ancrer en soi cette vérité humaine : la confiance se mérite d'autant plus quand on vous l'a accordée d'emblée.
      Autres nouvelles : j'ai fait l'emplette ce vendredi d'une maison, ce week-end j'abandonne mon enfant à la garde de ses grands-parents maternels, et après ça, je consacre mes premières vacances depuis Noël à faire des cartons, démonter des meubles et m'ouvrir les mains à coups de verres cassés ou de cutters mal fermés.
            Mon prochain article aura pour objet le brillant démontage fait par M. Julien Duval du mécanisme de bourrage de crâne entretenu par la gauche comme la droite depuis 30 ans, conçu pour nous faire gober que la Sécu est morte, alors qu'elle arrive à tourner (douloureusement) même quand on lui coupe 2 pattes et que jamais on n'a autant eu besoin d'elle en France. Y compris quand on crève sous la thune comme une merde égoïste, ou comme un spéculateur, ou comme un présentateur de journal télévisé.
      Stay tuned, et à très très bientôt bande de copains.
-G4rF-
NB : greetz à HaTcH et Aki. Je ne vous oublie pas, les mecs, malgré les apparences, et ça fait plaisir d'avoir de vos nouvelles.

lundi 17 mars 2008

Un livre chasse l'autre

Fond sonore : rien (pas le temps)
      J'ai fini de lire "Les Fossoyeurs" de Christian Lehmann. Je vous en ferai un petit topo demain si le temps le permet. J'embraye direct sur "Le mythe du trou de la Sécu" de Julien Duval.
              Deux lectures édifiantes, deux analyses critiques des conséquences immédiates de la surenchère néo-con en France. Ca fait flipper, mais une fois de plus, il en ressort une conclusion : n'avalez pas les chiffres officiels, n'acceptez pas les idées reçues, refusez d'adouber les idées toutes faites qu'on vous sert et qu'on refuse de vous expliquer parce que "c'est trop compliqué".
      Les fumiers qui ont pondu le concept de franchise médicale sous prétexte de "responsabiliser" les patients n'ont pas trouvé ça trop compliqué. C'est donc à échelle humaine. Alors qu'on m'en explique le bien-fondé. Parce que (et je concluerai la dessus), la responsabilisation est une idée foirasse de riche non-comprenant qui est persuadé que la France est blindée de sales profiteurs pauvres qui n'ont que ça à foutre de leurs journées que de poireauter 6j/7 dans les cabinets des toubibs pour se faire prescrire des tas de médocs dispendieux. Bien sûr. A 2h d'attente par toubib, c'est crédible, ça ? Et tu paies avec la CMU, genre je m'éclate à faire ça ?
              Mais cette pseudo-mentalité de profiteur sans scrupule, est-ce que ce n'est pas justement celle des pétés de thune qui veulent faire passer cette loi pour obtenir enfin leur médecine de riche face à la médecine de pauvre ? Est-ce qu'ils ne sont pas juste en train d'imaginer (je leur cherche des excuses, là) que le reste du monde fonctionne comme eux ? Est-ce que leur problème n'est pas tout simplement d'être incapable de comprendre le mot "solidarité" ?
-G4rF-

samedi 15 mars 2008

"Prix psychologique"

      J'ai enfin vu 99 Francs. Autant son Blueberry m'était sorti par les yeux, autant je m'incline ici devant la démence de Jan Kounen. Oh la claque !
              Le bouquin est une petite merveille d'autodérision, de cynisme d'une victime d'un jeu pervers d'automutilation morale et physique, entre la fuite en avant lorsque se profile enfin une réalité intangible dans sa vie à laquelle il ne peut échapper avec une bonne vanne (sa copine enceinte) et la défonce à la coke permanente à la recherche futile d'une vengeance sur le système auquel il contribue. Le film est tout simplement à l'avenant, et honore ses origines avec un montage de malade, des séquences animées atroces et jouissives... et je ne parle pas de Jean Dujardin, qui est vraiment très bon en Octave Parango. Et le reste du casting assure sa race aussi.
      Très, très, très bon film. Que je vais donc acheter. Et que je vous recommande de voir si vous ne l'avez pas vu, bande de gens !
-G4rF-

jeudi 6 mars 2008

Remember Wipeout ?

Fond sonore : lisez le post et vous saurez
       Aujourd'hui, petit trip nostalgique avec un de mes morceaux préférés de la lointaine époque où je me défonçais la tronche jusqu'à pas d'heure en traçant comme un ouf avec mon 'tit Piranha dûrement gagné dans Wipeout. Un jeu excellent, notamment par la bande son taillée sur mesure par des pointures de l'électro (dont Leftfield qui nous occupe à l'instant), et un design global de tueur que l'on doit aux allumés grand-bretons de la Designers Republic.
               Je suis retombé dessus un peu par hasard (Deezer rulez, rest in pieces Radio.Blog), et ça m'a fait du bien. Moi qui ait du mal avec les motifs répétitifs, je dois dire que ce truc m'embarque avec une aisance étonnante et que si quelque chose ressemble à une transe en ce qui me concerne, c'est bien ce qu'il m'arrive quand j'ai les mains bloquées sur le pad avec ça à donf dans la sono.
               P'tain qu'c'est bon !
-G4rF-

mercredi 5 mars 2008

Stupeflip ruleZ

       Ecoutez-moi ça, ça déchire des slips en titane. Stupeflip contient (contenait ?) du bonheur. Vivement un nouvel album, et pourquoi pas façon Ghosts de Nine Inch Nails ? Les maisons de disque vous font chier, alors envoyez-les promener ! Je veux acheter "La religion du Stup" qui est introuvable, et si l'ami Julien Barthélémy nous refait un opus du Crou, j'achète direct. Alors, ça vient, oui ?
-G4rF-

lundi 25 février 2008

Touche moi pas, toi !

Fond sonore : inutile, c'est une vidéo
       Pour ceux qui l'ignoreraient encore (jusqu'à ce matin, je n'étais pas au courant), l'événement que TF1 relèguera en dernière partie de journal sous peu, après avoir longuement bavé sur l'Oscar de Marion Cotillard. Il y a plusieurs versions de la vidéo, celle-ci m'a fait rigoler un peu plus que les autres (même si "vouvoiement" y est mal orthographié, mais là c'est mon côté maniaque).
               Mon seul commentaire, si tant est qu'il soit utile d'en faire : j'aimerais saluer le geste du type qui s'est fait insulter. Voir ressurgir d'un seul coup une bouffée spontanée d'insoumission et l'expression franche et nette d'une répugnance non feinte, eh bah ça fait du bien à la tête. Big up, monsieur l'inconnu : l'expression est maladroite, mais elle vous honore, et la réaction que vous avez subi le démontre à tout point de vue.
       En bref : "touche moi pas, toi, tu me salis", c'est la classe. Tiens, c'est tellement classe que tu mériterais le Georges Abitbol 2008, monsieur.
       Putain, c'est décidé, je m'en fais un T-shirt !
-G4rF-

vendredi 22 février 2008

Quelle sagesse ?

Fond sonore : non, rien de rien
      Il suffit d'une pichenette pour détruire l'élégance ordonnée d'un chateau de carte. Un coup de vent, une porte qui claque, et en un instant s'effondre un édifice bâti dans la durée, aux équilibres instables, et dont la préservation s'impose.
            Il a suffit d'une lettre pour que "Liberté, Egalité, Fraternité" meure à nouveau hier. Il suffit de remplacer un "d" par un "r". Je m'explique.
      En France, les prisons sont insalubres, insuffisamment dotées en équipement et en budget. Il n'y a pas assez de places pour héberger les condamnés. Une bonne part de détenus nécessitant des soins psychiatriques sont emprisonnés avec les "droits communs". Tous les deux ans, l'Observatoire International des Prisons (une ONG française) publie son rapport sur l'état de l'appareil pénitentiaire français : plus le temps passe, plus c'est pourri.
            Des noms qui passent dans l'actualité, sans qu'on sache vraiment combien de gens y vivent, ce qui les a amenés là. S'ils vont sortir. Pour faire quoi.
            En tant que petit Françaoui de base, élevé dans la plus pure tradition catho modéré, j'ai grandi avec une sainte horreur de la prison et du Mal, avec la trouille de la police.
            Depuis, j'ai vieilli. Et j'ai compris que ma peur de la prison était fondée pour de mauvaises raisons. Mais fondée. Et celle de la police, pareillement.
      Parce que la prison est une machine à détruire, d'où on ressort dans le meilleur des cas totalement démoli, et dans le pire des cas totalement blasé sur le droit de la société à juger des crimes qui s'y commettent. Et parce que la police, un métier nécessaire mais dangereusement subversif, hésite toujours entre être l'abîme, et être le monstre.
            Le statut de député français permet d'effectuer une visite inopinée dans n'importe quel établissement pénitentiaire de son département. Ca arrive tellement souvent qu'à chaque fois ça passe au journal télé comme l'événement médiatique de l'année. Si, si, souvenez-vous, vous en avez déjà entendu parler, j'en suis sûr. Peut-être pas cette année, mais c'est sûr, y'a pas longtemps, enfin pas trop longtemps... A chaque visite en tout cas la même conclusion s'impose : pas assez de moyens, la prison est une voie de garage où on laisse à pourrir des gens dont il faut s'occuper vraiment si on veut espérer qu'ils s'amendent et se corrigent. Qui peut alors s'étonner que la récidive s'installe ?
      Alors, notre sémillante équipe gouvernementale suit à la lettre le manuel du parfait petit réactionnaire et surfe sur la vague d'indignation médiatique d'un peuple français globalement sous-informé. Elle lui emboîte le pas en disant "la récidive, c'est à cause que c'est tous des enculés à vie, c'est de l'engeance de merde dont on ne fera jamais rien de bon, et il faut que ça cesse, cette racaille !", et schboum une loi sur les peines plancher. Comme si la peur de la guillotine avait jamais empêché le moindre meurtre. Comme si les cambrioleurs réfléchissaient 2 secondes au risque de retourner en cabane avant de péter tes huisseries au pied de biche.
            L'actualité se déroule, et les faits divers sordides continuent. Un pédophile fraîchement libéré de taule replonge aussitôt dans ses obscénités barbares, parce qu'il n'a jamais été suivi correctement au niveau psy et qu'il n'a simplement pas été traité comme un pervers sexuel mais comme un prisonnier ordinaire, et schboum, on emboîte le pas à la douleur du père étalée en place publique en disant "les pédophiles, c'est des déchets, y'a pas moyen de les changer, alors prison à vie" et paf, une loi sur la rétention de sûreté. Et toujours pas un centime de plus pour que les prisons cessent d'être des camps d'entraînement pour délinquants juniors et deviennent des usines à corriger le tir et à faire marcher droit ceux qui ont marché en dehors des clous.
      Et là, j'attire votre attention sur deux points. D'abord, la garantie de la Liberté dans notre beau pays français de France, c'est qu'on construit le Droit sur plusieurs principes fondamentaux dont celui-ci : il vaut mieux un coupable en liberté qu'un innocent en prison. Et ensuite, un autre principe fondamental : quand tu es condamné à une peine, c'est par une loi ayant cours au moment où tu es jugé. Tu purges ta peine, tu sors, tu te tiens à carreau, tout le monde est content.
            Voyons maintenant l'astuce de la loi Dati, ovni médiatique pourfendeuse des tribunaux et grande prêtresse de l'accumulation des dossiers sur les bureaux de magistrats déjà noyés sous la paperasse, à qui on va en rajouter une couche tout en supprimant des postes. C'est la loi sur la rétention de sûreté. Notez le "r". Après de longs échanges entre Assemblée Nationale et Sénat, les sénateurs ont fini par abdiquer pour ne pas déplaire au parti et dire "ok on prend", sachant pertinemment que le conseil constitutionnel serait saisi immédiatement par ce qu'il reste d'opposition dans ce pays. C'est comme ça qu'un sénateur baisse son froc avec dignité (mais en oubliant totalement de faire son métier de protecteur des citoyens, de leurs libertés et de leurs droits).
            Car après tout, les magistrats disent tous que cette loi est une pourriture qui chie sur les principes fondamentaux du droit : taule à vie qu'on t'inflige post-jugement et post-incarcération, rétroactivité, ça pue la loi émotionnelle pondue sous le choc, la phrase à la con lâchée de travers et qui, en y regardant à deux fois, n'a pas d'autre utilité que de signaler aux législateurs qu'ils sont loin de se contrôler aussi bien qu'ils s'en vantent.
      Et puis les ONG disent aussi qu'elle est à chier, cette loi. Et puis d'une façon générale, quelques grandes figures du droit et du respect des droits de l'homme disent aussi qu'elle est à chier (je pense à Robert Badinter, dont je ne partage pas toutes les idées, mais que je respecte profondément). Et une partie des députés de la majorité la jugent dangereuse (à mots couverts, des fois que le schtroumpf grognon qui leur sert de patron l'apprendrait).
            Bref, un consensus global s'est formé, établissant clairement que plomber notre pays à coups de lois émo juste pour flatter quelques semaines la "bonne conscience" populaire et gagner ses faveurs aux prochaines élections, c'est bas, nul, sale et dégradant, et ça n'a rien à faire dans le pays-qui-fut-celui-des-droits-de-l'homme (pour les droits de la femme, patientez encore quelques siècles, mesdames - vous avez l'habitude).
            Le conseil constitutionnel, dit "les Sages", est saisi, étudie le truc. Et tout le monde retient son souffle, sachant que la majeure partie dudit conseil a été renouvelée par Chirac et est constituée de vieux briscards de droite, des types pas franchement versés dans l'humanitaire et qui connaissent surtout de la prison toutes les ficelles pour éviter d'y aller. Et les Sages disent : on amende un peu, mais ça passe.
            Ouh putain les power-nazes !
      Prétexte invoqué pour cet agrément nauséabond : on n'a pas le droit de rajouter une peine à une peine, mais rétention, c'est pas détention. Donc c'est une "mesure administrative" (je cite avec des pincettes pour ne pas me salir les doigts), et pas une peine.
            Au niveau de la réalité physique, c'est tout pareil, hein, soyons clairs : t'as pas le droit de sortir, t'es enfermé, t'as pas les clés, les visites sont restreintes, tu es donc en taule, hein, c'est incontestable, c'est un fait, tu-es-en-taule-euh.
            Mais c'est pas une peine, puisque c'est de la rétention.
            Et je ne peux m'empêcher à ce point, en écrasant une larme au souvenir de ce qu'était la Liberté avant que ne débarquent Sarko et ses gros sabots, de me souvenir à nouveau de Pierre Desproges, de sa riche et profonde parole, de son intelligence magnifique dévoilant sans ambage la nature réelle des cuistres en habit du dimanche qui président à nos destinées du haut de leur superbe qui sent le renfermé.
      Evoquant les dérives sémantiques et pudibondes du pays des Lumières qui cède au puritanisme en appelant un aveugle un non-voyant, il disait : "réjouissons-nous : nous vivons dans une société qui a résolu l'ensemble de ses problèmes en appelant un chat un chien".
            Constatant que ce principe s'étend aujourd'hui au problème un peu plus grave de la privation de liberté d'un individu au nom de la loi, je demande donc solennellement l'autorisation au monde (et à mes gentils lecteurs patients de ce blog bizarroïde), l'autorisation d'appeler les Sages les Cons. Comme dans "conseil constitutionnel".
            J'espère que le syndicat de la magistrature va porter cette décision devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme, et que cette abomination démocratique sera jetée au trou avec la plus ferme vigueur par des esprits plus sensés et moins girouettes que les chihuahuas hystériques qui pissent dans le sens du vent public et qu'on trouve aujourd'hui aux commandes du Ministère de la Justice, de l'Assemblée Nationale, du Sénat et du Conseil Constitutionnel.
      Sic transit gloria mundi. Encore du Desproges. Cette phrase-là, j'ai pas fini de la répéter, au train où l'on aménage en lieu et place de notre vieille république qui perd de l'huile un vaste aérodrome flambant neuf, droit et carré comme les cheveux d'un électeur FN, où le premier dictateur venu n'aura qu'à se poser, planter son drapeau et passer un léger coup de peinture pour accentuer un petit peu la couleur facho sur l'appareil d'Etat pour que soudain l'on réalise (mais un peu tard) qu'un liberticide n'est jamais, jamais, JAMAIS sans conséquence.
-G4rF-