mercredi 18 juillet 2018

Poème express [8/365]

L'affrontement
Dans la touffeur fumante du brouillard de vapeur blanche,
L'ennemi se dresse devant moi, vertical, immobile, solidement ancré.
L'affrontement ne peut être évité.

Il ne peut que devenir victime.
Il n'y a pas d'échappatoire, pas de moyen de surseoir. Pas de recours.
Il doit y passer.

D'un geste lent à force de lassitude, mon bras armé se lève pour s'abattre à nouveau, sans pitié, avec férocité, avec méthode dans l'extermination.

Les gouttes perlent sur le métal après chaque coup tranchant.
Des morceaux indistincts chutent mollement et recouvrent le sol dans un fracas visqueux, écoeurant.

J'en aurai pour un moment, mais j'aurai la peau de cette moquette murale.
--G4rF

mardi 17 juillet 2018

Poème express [7/365]

02h40
Pourquoi ? Pourquoi... pourquoi est-ce que je ne dors pas ?
Pourquoi je me traîne là, à faire n'importe quoi ?
Des articles sans fond, des vidéos sans but
S'étirent sur l'écran, et moi je n'en peux plus

Mais je reste encore là, stupide et avachi
La souris musardant par là ou par ici
Va savoir ce qui s'passe, pourquoi les fils se touchent
Sous la peau de mon crâne, et pourquoi mes yeux louchent

Et accommodent si mal... non, ça, c'est la fatigue
Qui monte doucement comme la mer sur la digue
Et bientôt elle lèchera le bord du parapet
Et bientôt elle viendra me chercher, m'emporter

Mais pour l'instant je tiens, même si mes yeux défaillent
Stupide combattant d'une inutile bataille
Sur le clavier mes doigts s'alourdissent, trop las...
Pourquoi ? Non mais pourquoi est-ce que je ne dors pas ?

--G4rF--

dimanche 15 juillet 2018

Poème express [6/365]

De retour
Pas tous revus, il y en a trop
Pas tous entendus, pas tous dispo
Il faudra que je bouge, que je revienne vous voir,
Mes amis.

samedi 14 juillet 2018

Poème express [5/365]

Fête Nat'
Au loin, les avions.
D'ici, ils n'ont aucun sens.
Absurde parade.

Poème express [4/365]

Paris
J'ai retrouvé le bruit et les nerfs de tes routes
De nouveau j'ai subi soubresauts, congestion.
J'ai vu s'étaler loin ta brume de pollution
Est-ce que tu m'as manqué ? Pas vraiment, tu t'en doutes.

Ça fait seulement 2 ans que j'ai laissé derrière
Ce chaudron parisien où tout, toujours, bouillonne
Ses métros, ses artères, ses trottoirs, ses klaxons,
Et ses gens oppressés, ses précieuses carrières.

Moi, pendant quarante ans, je l'avais arpentée,
La ville des Parisii, altière capitale.
Grandissant, m'éduquant sous son ombre implacable,
J'y ai trouvé l'amour, mes enfants y sont nés.

Mais comment trouver place dans ces rangs de placard,
Dans l'enchevêtrement des studios étriqués,
Dans l'amoncellement des gens bringuebalés
De Charybde en Scylla du matin jusqu'au soir

Quand on a trop de taille, trop de poids, trop peu d'air,
Quand on cherche des chemins qui ne soient surpeuplés
Quand on perd de sa vie à devoir la gagner
Quand c'est de la ville même que vient la colère ?

Paris chasse ses pauvres, Paris cache la misère
Paris s'est enfoncée, Paris s'est oubliée
Paris veut trop d'argent, trop de gens, trop briller
C'est pour mes amis, seuls, que j'y revins hier.

--G4rF

jeudi 12 juillet 2018

mercredi 11 juillet 2018

Poème express [2/365]

Le Bleu nuit

Les fenêtres entrouvertes sur la chaleur du soir
Ont laissé pénétrer les clameurs des klaxons
Célébrant la victoire jusqu'à ce que minuit sonne
Les supporters heureux répandent leur tintamarre

Par le bleu électrique des écrans hypnotiques
Panem et circenses s'invitent de nouveau
Et pendant quelques heures font leur grand numéro
De l'union sacrée des peuples extatiques

Puis-je en vouloir à tous, famille, amis, voisins,
Que l'élan officiel pousse à joindre la liesse
D'épouser sans broncher l'exigence d'ivresse
A laquelle je refuse d'apporter mon soutien ?

Ils ont besoin de fête, ils ont besoin de joie
Tant leur monde est frugal et ne leur en donne pas
Mais bien peu s'aperçoivent que cette fête-là
Telle le joueur de flûte les subjugue et les noie.

Comment dire la rage, la frustration totale
D'entendre à pleins poumons tous ces "On a gagné !"
Quand depuis l'hémicycle et depuis l'Elysée
Tout est fait pour qu'ils perdent, même le fondamental ?

Oui, il faut faire la fête, oui il faut célébrer,
Mais en fêtant ces Bleus, vous n'avez rien gagné.
Si vous êtes donc capables de crier et chanter
Que ne le faites-vous quand vraiment il faudrait ?

On leur pourrit la vie, on détruit leur travail,
On confisque leur bien, on brise leurs boucliers,
Mais ils baissent la tête et regardent leurs souliers
Parfois même ils médisent des rares qui bataillent !

Seraient-ils ces moutons craignant la liberté
Et votant par millions "Ordre et sécurité" ?
Ou le problème n'a-t-il pas comme cause cachée
L'ignorance entretenue de leur citoyenneté ?

A vous les habitants, à vous les camarades,
J'adresse ce rappel en forme de supplique :
Célébrez les petits de notre république,
Fêtez ceux contre qui on envoie la brigade,

Souhaitez de tout cœur que les faibles l'emportent
Soutenez les plus humbles, appelez leur succès.
Et quand viendra le temps de vous manifester
Faites le pour une cause qui, à chacun, rapporte.


--G4rF--

mardi 10 juillet 2018

Poème express [1/365]

Sweet sixteen

L'été s'ouvre grand
Ton nouvel an commence
Ciel sans nuage

Nb : j'entame aujourd'hui une épreuve que je m'impose pour me remettre à écrire. Un poème par jour pendant un an. Au minimum un haïku. C'est parti jusqu'au 10.7.2019 !
--G4rF

lundi 26 mars 2018

Poème express - Non ne m'écoute pas

En guise de poème express, ce sont des paroles de chanson écrites sous le coup d'une inspiration subite, en ce soir de profonde fatigue. Je pose ça là (peut être la chanterai-je un jour, celle-là).

Non ne m'écoute pas

Ne me regarde pas avec ces yeux-là
Car c'est bien trop facile, facile pour toi,
De me percer à jour et faire taire mes discours
Me laissant comme nu, muet devant toi

Ne me dévisage pas, non ne fais pas ça,
Je deviens marionnette pendue à tes doigts
Ce regard qui fait mal à trop me faire du bien
Fait cavaler mon vieux cœur de vieux pantin

Oh tu planes là-haut, au dessus de moi
Dans mon silence je t'aime de tout en bas
Je me glisse dans ton ombre
‎Et je guette ta voix
Qui d'un mot me soulève et m'amène à toi

Ne te pos' pas comme ça, accrochée à moi,
Je pars à la dérive au creux de tes bras,
Tes cheveux me boul'versent, ce parfum qui m'emplit
Et cette brève seconde dure à l'infini

Et ne me souris pas, ne souris pas comme ça,
C'est bien trop de chaleur pour ce vieil homm' froid
Tu fissures la glace, la fragmente, la brise
Révélant sous le bleu toute mon âme éprise

Oh tu planes là-haut, au dessus de moi
Dans mon silence je t'aime de tout en bas
Je me glisse dans ton ombre
‎Et je guette ta voix
Qui d'un mot me soulève et m'amène à toi

Oui tu voles là haut, bel oiseau de proie
Entends-tu mes appels, entends-tu ma voix ?
A l'abri dans ton ombre
Juste au creux de toi
Oui je crains et j'espère ton regard sur moi

Non ne m'écoute pas, et mes n'importe quoi,
Tout ce qu'il faudrait dire, je ne le dis pas,
Ces pensées en désordre m'agitent en tout sens
J'espèr' ne jamais épuiser ta patience

Et ne renonce pas, non, n'abandonne pas,
Sous le bruit, le chaos, je crois qu'il est là
Celui à qui tu parles quand j'entends ta voix
Celui que tu espères bientôt te rejoindra...

Oh tu planes là-haut, au dessus de moi
Dans mon silence je t'aime de tout en bas
‎Je glisse dans ton ombre
Et je guette ta voix
Qui d'un mot me soulève et m'amène à toi

Oui tu voles là haut, bel oiseau de proie
Entends-tu mes appels, entends-tu ma voix ?
A l'abri dans ton ombre
Juste au creux de toi
Oui je crains et j'espère ton regard sur moi

©2018 --G4rF--

mardi 27 février 2018

Poème express

Pour un copain qui se reconnaîtra. Avec mes excuses aux puristes de la métrique, pour mes rimes en bordel semées n'importe comment (©texte écrit sous Licence Poétique)

Le parfum d'espérance

Liseron, liane et lierre
Enturbannés sur l'âme
Rouge, fière, vive flamme
Du cœur qu'on dit de pierre.

Poussé par les courants
Loin de l'île-mère, au large,
En quête d'un ancrage,
Ou deux, ou dix, ou cent.

Transis et famélique,
Il languit, s'impatiente,
Cherchant son Amérique
Aux côtes exaltantes.

Bien souvent il la trouve,
Après quelques essais
Qui à peine l'éprouvent :
Enfin, il est comblé.

Alors à cette terre
Désirée il s'attache,
S'enracine et l'enserre,
Que rien ne l'en arrache.

Car si le lien est fort,
Et si la terre est bonne,
L'un à l'autre se donne
Et ce, jusqu'à la mort.

Mais il arrive parfois
Au long des marées d'âme
Que l'union s'entame
Sur un terrain bien froid

Lors, ce cœur bien las
Des longs milles solitaires
Ne crée qu'un lien étroit
Avec cette pauvre terre

Que le désert progresse
Et le lien se détend
Et devient une laisse
Traînant un cœur mourant 

Ce cœur, à la dérive,
Chavire très aisément
Si, menée par les vents,
S'approche une tendre rive.

Affamé, il la veut,
En songe il la séduit
Mais il est déjà vieux
Et elle, encore, grandit...

Cette jeune terre sera
Celle d'un cœur à venir,
Il le sait : il n'est pas
L'objet de ses soupirs.

Alors d'elle il s'enivre,
De sa douce compagnie,
Chérit sa beauté libre,
Et d'elle, son âme emplit.

Ainsi l'esquif usé
Se console car la Chance,
Au moins, lui fit humer
Ce parfum d'espérance.

--G4rF--

vendredi 5 janvier 2018

Lettre à moi

Il me semble que c'est dans une vidéo des vlogbrothers que j'ai découvert ce concept intéressant de lettre à soi-même, pour le soi qu'on sera 1 an plus tard.


Nouvel an, résolutions, tralala, on peut appeler ça de plein de manières différentes.
Pour ce qui vous concerne, ami·e·s lect·eur·rice·s, c'est peut être pas la même tambouille, mais pour moi c'est toujours pareil.

La nouvelle année arrive, j'ai plein de projets dans la tête, et parmi ces projets y'a tous ceux que je n'ai pas concrétisé l'année passée, et encore moins l'année d'avant, et ainsi de suite, et rien qu'à l'idée de me confronter à mes bonnes intentions passées et au bilan décevant qui en résulte, ça me déprime.

Note au passage : au fond, ça n'a pas vraiment de sens de raisonner en termes de séquences de temps d'une année, de découper et regrouper mes projets en cohérence avec une unité de temps qui est certes structurante pour l'ensemble des sociétés, mais qui est plutôt arbitraire.

Lorsque j'étais élève, mon temps était prédécoupé par le rythme de l'année scolaire et des vacances qui allaient avec.
Mais après ça, la relation avec le calendrier s'est distendue et a fini par perdre du sens.
Lorsque j'étais célibataire, c'était un peu au pif et désordonné. J'avais moins de stock mort de projet et plus de latitude d'organisation (même si je passais beaucoup plus de temps à assouvir mes divers loisirs, et donc moins à réaliser des trucs).
Lorsque j'ai été en couple, ça s'est structuré différemment et j'ai pu accorder un temps supplémentaire pour faire aboutir (ou progresser) des projets difficiles, tout en gérant des trucs de logistique différents.
Lorsque je suis devenu papa, l'ordre de priorité et de gestion du temps a été complètement chamboulé, la part du temps de loisir a été réduite au minimum (en clair : la musique et c'est tout), et l'essentiel du temps était consacré aux mômes et à l'habitat.
Plus aucune attache calendaire à mes projets, donc.


Je vais donc essayer de m'écrire à moi-même, et ce faisant, j'espère parvenir à mettre de l'ordre dans mes idées et former une espèce de plan de bataille ou d'action pour les choses que j'aimerais faire dans l'année qui vient, et qui sont susceptibles de générer une forme de satisfaction durable.


Note au passage : une bonne part de ce que vous lirez ici n'aura donc pas beaucoup de sens pour ceux qui ne sont pas moi. Mais comme je trouve l'idée intéressante, peut être y trouverez-vous l'inspiration pour vous parler franchement et vous aider à arriver, l'an prochain, là où vous voulez vraiment être au fond, que ça soit sur l'aspect géographique, psychologique, culturel, ou chaispasquoi qui compte pour vous.

"Cher vieux moi,

J'espère que tu te portes mieux en ce début d'année 2019 que début 2018. Rappelle-toi, tu as commencé l'année par une séance d'ostéo à cause de ton dos tout tordu qui te faisait mal ici et là (voir figure 1).

Il me semble qu'il était temps début 2018 que tu prennes un peu sérieusement en main ta forme physique, puisque tu as fini par admettre qu'il y avait une forme de vérité te concernant dans l'hypothèse nietzschéenne d'influence du corps sur l'esprit. Tu te sens mou, sans énergie depuis bien assez longtemps, et cela provoque chez toi une forte insatisfaction puisque tu es capable de voir les choses à faire, de savoir comment les faire, mais tu ne te mets à les faire qu'à reculons, par défaut d'énergie (et par putain de flemme aussi).
J'espère qu'en ce début 2019 tu as enfin un abonnement à la piscine et que tu as pu transformer une part de ton gras en muscle, et générer suffisamment d'endorphines au long cours pour te mettre dans de bonnes et pérennes dispositions mentales.

J'espère que tu n'as pas oublié que tu as maintenant 2 filleuls. Ce serait con que tu oublies, vu l'importance que cela avait pour toi et le dépit profond que tu ressentais quant au constat bien réel que personne de tes amis ou ta famille n'avait jusque là songé à toi pour remplir ce rôle de parrain qui signifie tellement pour toi. Donc, t'as 2 filleuls, je compte sur toi pour les pourrir et leur faire plaisir et essayer de leur transmettre un peu de ce que tu as reçu (n'oublie pas les anniversaires, imbécile !).
Cela aura été un des événements tout à fait inattendus de l'année 2017, et la preuve que même quand l'ensemble des indicateurs passent au rouge, y'a quand même moyen de trouver de quoi se réjouir (ne l'oublie pas non plus, imbécile aussi !).

Faisons le tour d'horizon des choses à faire et qui ne sont pas faites et qui t'empêchent d'être content de toi.

Le sport, on en a déjà parlé. Parlons des œuvres intellectuelles et des œuvres matérielles.
Fin 2017 tu as acheté de quoi peindre ta première toile depuis 25 ans. A l'heure où j'écris ces lignes, tu n'as encore aucune idée de ce que tu vas peindre. Rassure-moi et dis-moi que tu n'as pas trouvé de fausses excuses pour avoir laissé cette toile prendre la poussière pendant toute une année : je suis sûr que tu as passé quelques centaines d'heures à regarder des tutoriels improbables et des vidéos en anglais, alors trouver du temps pour agiter des pinceaux et peindre un truc, même moche, même raté, c'est pas la mer à boire. Vas au bout de ton idée, peins cette foutue toile, et si elle est moche, bah tant pis, repeins par dessus, qu'est-ce que ça peut bien te foutre ?

Tu as aussi évoqué, en discutant avec Aurel (de Aurel et Juliette), ton envie d'essayer de sculpter un caillou, histoire de voir. Je te rappelle que des cailloux, t'en as plein dans le secteur, y'a qu'à se baisser pour en trouver, donc si tu n'as pas déjà entrepris cet effort magistral consistant à localiser un petit morceau de tuffeau pour essayer d'en libérer la forme emprisonnée dedans, sache que je te regarde d'ici avec un air mi-attristé, mi-désappointé. Et que si tu as l'impression que je me fous de ta gueule, tu n'as pas tout à fait tort.
Cela dit, il se pourrait bien que peinture et sculpture ne soient en fait que des échappatoires pour ne pas te consacrer sérieusement à un travail qui te tient vraiment à coeur : écrire.
2017 n'a pas été une si mauvaise année, de ce point de vue. Tu as peu écrit, mais je trouve que la qualité de la poésie express change dans le bon sens. Tu réfléchissais à l'idée de te débarrasser de ton ancien contrat avec Le Manuscrit en éditant un recueil de poèmes express. Tu l'as fait ? Non ? Pourtant c'est bidon, mec ! Vas-y, fais-le, et passe à autre choses.

Et surtout, y'a Nitta. T'en es où, de Nitta ? Hmmm ? Ce fameux livre déjà scénarisé, à moitié écrit et réécrit, où les quelques vraies bonnes idées que tu as eu attendent depuis déjà quelques années que tu te pousses au cul pour les mettre en scène correctement ?
Je te connais, mon gars, je te connais très bien : si tu ne t'y consacres pas sincèrement, tu n'arriveras jamais à finir ce livre, et vu que tu es spécialiste dans la procrastination malgré un désir authentique de circonvenir ce trait fondamental de ton caractère, j'espère bien que ce mois de janvier 2019 me permettra de lire au moins une version alpha. Sinon, regard mi-attristé, mi-désappointé, me fous de ta gueule, lalala.

Et sur le plan intellectuel, t'as quand même un certain nombre d'ambitions qu'il serait intéressant de concrétiser :

  • on t'a offert il y a 5 ans les gros tomes de Game of Thrones, et t'as toujours pas dépassé la page 30. Fais-moi plaisir et dis-moi que tu as au moins fini le tome 1 ! Et tant que t'y es, j'espère que tu as sérieusement mis de l'ordre dans les bibliothèques. Quand j'écrivais ces lignes, ça me faisait mal à l'œil chaque fois que je passais devant.
  • début 2018, tu as des journaux à lire en retard, tu as du mal à blogger régulièrement, tu es en état de léthargie scripturale et lecturoïde. Ce me ferait plaisir qu'en 2019 ce soit de l'histoire ancienne, si tu vois ce que je veux dire. Nul doute, toutefois, que ton départ volontaire de Facebook en ce début d'année et ta bascule vers des outils moins chronophages t'aura aidé à atteindre ce but !
  • t'étais pas supposé aider les insoumis à sortir le numéro zéro du journal local ? Bé alors ? T'attends quoi, p'tit gars, une médaille ? Une sucette ? Tu sais comment ça se passe : tu veux quelque chose, fais-le toi-même. Zorg est dans le vrai, là-dessus, suis son conseil.

La lecture et l'écriture ont toujours été et resteront toujours des motifs d'intérêt et de fierté pour toi. T'es peut être pas Hugo, mais tu n'es pas non plus une brêle intégrale. Alors fais comme disait Hercule, et utilise tes petites cellules grises avant que les plaques amyloïdes ne les bouffent.

Bon, si t'as déjà réussi à mettre bon ordre dans tout ce foutoir, on pourra dire que tu as avancé dans la bonne direction d'une façon vraiment significative, et ça devrait me permettre, à moi de 2019, d'entamer l'année avec la certitude de ma capacité à me bouger l'arrière-train quand il le faut. Merci de ton aide, moi.

Mais on est encore loin d'avoir fait le tour, parce que là on a parlé culture et intellect, seulement.
En ce début 2019, j'aimerais pouvoir entamer l'année dans une maison correctement métrée et couchée sur plans de façon fidèle. 
Vu l'ampleur des coupes budgétaires, il me semble peu probable que tu aies pu régler la problématique de la VMC, du réseau informatique et de la mise aux normes électriques, mais si au moins on savait par où faire passer les tuyaux et gaines, ce serait pas un mal, tu crois pas ? Le boulot est commencé, j'espère que tu l'as terminé, ça m'aidera pour en faire le tour.
D'ailleurs, tant que tu y étais à faire les plans de la maison, j'espère que tu es allé faire un tour avec le laser, quelques lampes, un gros pull, du papier et un crayon dans le bâtiment d'à côté : je ne vois pas très bien comment tu peux espérer installer un studio de musique si tu ne fais même pas le relevé des cotes du bâtiment, mon p'tit bonhomme. Parce que bon, oui c'est chiant, oui c'est long, mais tu sais aussi bien que moi la profonde satisfaction que tu ressens quand tu as fini un travail pénible, non ? On y prend goût, à ça, au sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait, et là, c'est à ta portée, sous tes yeux, y'a plus qu'à. Fais-le pour moi, si tu ne le fais pas pour toi.
Note au passage : s'autofoutre de sa gueule à un an d'intervalle, c'est une nouveauté pour moi. Mais voilà, je l'ai fait, youpi, what's next ?

Voici d'ailleurs une idée qui n'est pas mal.
Je me souviens que tu avais apprécié de voir le reportage vidéo qu'avaient fait deux amateurs (dont l'un avait clamsé avant la fin) sur la transformation d'une petite piaule en studio de musique.

Toi qui caresses depuis longtemps l'idée de faire ton Jimmy DiResta et de faire un vlog de tes réalisations bricolagesques, est-ce que l'idée de faire de même pour ton studio de musique ne te motive pas ? Début 2018, tu as des pseudo-GoPro, tu as fabriqué ton prompteur à 2 ronds, tu as de quoi t'éclairer et tu sais monter une vidéo de façon pas trop chiante, maintenant... alors, tu l'as fait ?
Peut-être que tu t'es fait la main au vlog de bricolage sur la fabrication des estrades pour la chorale, avec les tubes en ferraille donnés par Christian... moi ça me ferait plaisir que tu l'aies fait, je serai fier de toi (pour des raisons personnelles, j'évite d'être fier de moi-même, ça m'a posé trop de souci par le passé, mais si je peux être fier d'un autre moi, c'est ok, ça passe, je tolère).
Et j'espère qu'en passant tu as maintenant la sensation de mieux maîtriser la soudure. C'est un bon projet, pas trop simple, pas trop dur, qui as dû t'aider à être soigneux et appliqué pour produire plusieurs articles identiques à partir de matériau quasi-brut. Si tu y es arrivé, t'as le droit de te la péter un peu avec, je suis grand seigneur, fais-toi plèz.

Dans le domaine du "make something", de toutes façons, tu avais de quoi t'occuper pour l'année. Il fallait sauver la pergola du grignotage par la glycine, et reboucher les trous suffisamment proprement pour ne pas que tout ça se transforme en festival du bois pourri.
Il fallait finir de te ruiner le dos à descendre, une par jour au minimum, les dalles en béton du toit-terrasse pour les remplacer par les dalles en bois synthétique.
Il fallait finir d'installer les équipements de camping dans --et sous-- le camion (j'espère que tu l'as amené à la révision, que les foutus témoins du tableau de bord sont enfin éteints définitivement, et qu'il arrête de pleuvoir dans l'habitacle quand la caisse est garée nez vers le haut !).
Il fallait découper les poutres de récup' que tu as sauvé de la poubelle pour en faire un support de balançoire et des bordures pour ton potager (les branches du noisetier qu'il fallait dézinguer t'ont aidé à les faire, je suppose)(est-ce que tu en as profité pour installer le réseau électrique extérieur, histoire d'avoir une lumière pas trop pérave dans le jardin quand il est tard ?).

Et dans un registre un peu plus fun, tu étais supposé te mettre à l'œuvre sur des trucs un peu plus motivants :

  • bosser avec le FabLab pour fabriquer une découpeuse laser ;
  • assembler une borne d'arcade modulable à la maison, connectable sur la télé de la salle de jeux et celle du salon (quand j'écris ces lignes, tu attends la livraison des pièces : dis-moi qu'elle est montée !), suffisamment stylée pour ne pas faire d'esclandre stylistique ;
  • fixer les cimaises pour accrocher les photos et les tableaux des gosses ;
  • fabriquer des panneaux acoustiques pour défoncer sa gueule à la réverb insupportable dans le salon ;
  • fabriquer un power placard toute hauteur sur le mur du fond pour ranger les chaises en bonus, l'aspirateur et toutes les merdouilles dont on ne savait pas quoi foutre.

Bon évidemment, c'était du taff, mais je te fais confiance pour avoir fait le maximum pour améliorer le confort dans la maison et avoir mérité ainsi force ti'punch et moults vieux sky.

Tout ça a déjà dû pas mal t'occuper, et j'espère que tout ce que tu as pu faire t'a apporté suffisamment de satisfaction pour ne pas que tu te dises que tu n'as rien fait de l'année.
Tu le sais, l'idée n'est pas uniquement de bosser comme un gnou, parce que ça, c'est moyennement bon pour le moral, et en tant que feignasse de première catégorie, c'est pas ça qui va te donner du coeur à l'ouvrage.
C'est surtout de se dire que tu transformes ton domicile en quelque chose qui te ressemble, qui te plait vraiment, pour lequel tu puisses ressentir une forme de saine fierté. Pas tout à fait une man-cave, mais un truc du genre... enfin, tu vois ce que je veux dire. Ne te laisse pas freiner sur le chemin de ces projets, c'est des trucs chouettes auxquels tu tiens, ça vaut le coup de se battre un peu pour ça.


Cela dit, y'a encore des choses que tu t'es engagé à faire.
T'améliorer en cuisine serait un bon plus, même si je sais à quel point cet engagement quotidien et la pression que tu en ressens te pèsent. Le fait d'aller acheter des légumes au marché, d'essayer de faire une cuisine plus saine et de diminuer voire supprimer le recours aux surgelés, tout cela participe d'une démarche souhaitable dont j'ignore à ce jour si tu auras réussi à réunir les conditions pour les mettre en action de façon permanente.
Si tu n'y es pas arrivé, ce n'est pas bien grave : après tout, la qualité du contenu de l'assiette ne dépend pas que de toi, et tu n'es pas le seul à ressentir le besoin de monter en gamme sur ce sujet, donc laisse aussi aux autres l'occasion de montrer qu'ils progressent, mec.


Tu as entamé un truc sympa en faisant le blog vidéo du docteur Phi. Ca t'amuse, ça a du sens, tu essaies de faire ça bien, et si tu es parvenu à tenir ton objectif d'une consultation par moi, bah je pense que ce sera déjà une belle réussite compte tenu du contexte dans lequel tu le fais.
Et si en plus de ça tu es arrivé à diversifier un peu la chaîne, à ajouter quelques reportages et interviews de terrain, ce sera vraiment très bien. Ne te mets pas trop la pression, reste modeste dans tes objectifs, et ça le fait.

Un autre engagement sur lequel tu t'es amélioré en 2017 : dégager de Facebook. Évidemment c'était dur, puisque tu avais quand même une belle dose de potes avec qui tu dialoguais essentiellement par ce biais. Mais souviens-toi de ce sentiment de liberté, cette impression de retrouver la possibilité de choisir ce que tu vas faire de ton temps libre au lieu de te jeter comme un chien de Pavlov sur ton mobile pour voir la dernière actu. N'était-ce pas plus précieux d'être libéré de l'asservissement, que d'essayer d'en négocier les termes pour plus de confort ?
N'as-tu pas eu le sentiment d'être dans le vrai en optant pour des réseaux sociaux non saturés, où tu es maître du contenu que tu consultes, où tu vas quand tu en ressens l'envie, et non plus le besoin ?
Cela aura été un moment important de la reconquête de ton pouvoir d'initiative : fais-moi confiance pour en faire un bon usage.

Il reste encore deux choses à évoquer : les amis et le taff.

Pour ce qui est des amis, il me semble clair que tu n'as pas été vraiment à la hauteur de tes propres souhaits en 2017. Évidemment, le manque de fric a pesé lourd. Évidemment, le manque de temps a pénalisé assez lourdement tes tentatives de rester en contact.
Mais il faut rester honnête, surtout quand on se parle à soi : as-tu fait tout ce que tu avais annoncé pour recevoir tes copains, renouer contact avec tes vieilles relations sur place, prendre des nouvelles des amis, bref être pour tes proches le genre de pote que tu aimes qu'on soit pour toi ? Pas vraiment, hein...

Tout cela est lié à ta satanée tendance à la procrastination, et aussi je pense à un côté rochon-vieux con-ça m'emmerde-j'appellerai demain que tu as tendance à développer quand les choses ne tournent pas comme tu le souhaites. Mais comme tu n'es pas un imbécile, tu sais que ça joue contre toi. Mieux encore, tu sais qu'en voyant tes copains et en étant là pour eux tu te sens mieux, tu fais mieux les choses, bref, que la vie que tu souhaites avoir se rapproche à mesure que tu resserres tes liens d'amitié.


Aujourd'hui, un an après avoir écrit ces lignes, j'espère que tu auras été assez malin pour ne pas laisser tes relations prendre l'eau bêtement, pour montrer à tes amis que même sans les avoir vu depuis longtemps tu penses à eux et tu te soucies de leur vie. Et d'ailleurs, la même chose s'applique à ta famille : c'est quand, exactement, que tu t'es mis comme tu te l'étais promis à prendre la plume pour écrire des cartes postales ou des lettres quand tu pars en vacances ou quant tu as du temps libre ? Si tout se passe pour le mieux, ça t'est arrivé en 2018. C'est ce qu'il te faut, et que le courrier électronique ou le SMS ne peux pas te procurer : le courrier à l'ancienne, ce vieux snail mail, c'est un truc à part, un truc qui dit aussi à ceux à qui tu tiens que tu as vraiment pris du vrai temps pour eux, et comme c'est exactement ce que tu veux faire, il me semble inutile d'aller chercher des excuses ou des façons de faire différentes, n'est-ce pas ?


Dernier point, et non des moindres, le travail.
Moi qui te parle depuis 2019, c'est un terrain plutôt fragile sur lequel s'entretenir, puisque la situation début 2018 n'était ni franchement stable, ni franchement instable. Qu'est-il advenu de ta première affaire ? As-tu, comme je l'espère, réussi à prendre le pli d'une organisation stable de ton temps, pour démarcher correctement tes clients, prospecter efficacement, et faire en sorte de transformer ton micro-biz en affaire qui roule ? L'avenir du passé me le dira. Tu connaissais les enjeux, je pense donc que tu as agi en conséquence.

Voilà. Je pourrais conclure comme John Green, en te rappelant son "Don't Forget To Be Awesome", mais si tu es un peu réaliste, le fait d'arriver à faire toutes ces choses listées ici te placerait directement dans la catégorie awesome.

Je te dirai dans ma prochaine lettre si tu as des choses à changer.


Prends soin de toi et des tiens,

-- Toi"

--G4rF--

mercredi 27 décembre 2017

Poème express

17-18

Poudre foudre feu d'enfer
Sourd lourd coup de tonnerre
Fracas muet derrière les yeux
Images de guerre et écran bleu 

Strass gloss brillantes paillettes
Smoking sur robe noire de starlette
Le carmin des lèvres fibrille
C'est dans le vide qu'il s'égosille 

Étendu plat vidé crevé
Chaise, fauteuil puis canapé
Jonglant sur mille canaux d'un doigt
Cherchant où l'ennui ne s'ra pas 

Bilan total somme addition
Rite final des prédictions
Un temps s'achève, un autre vient
Contemporain comptant pour rien ? 

Itère, itère, boucle infinie,
En méta-stase de frénésie
Cent petits tours et puis s'en vont
Vœux de changement, désillusions 

Tombez rideau, videz la scène
Jetez les livrets à la benne
Et gardez vous de recycler
Leurs mots usés et abusés

Des planches, bâtissons des bateaux,
Des décors, faisons nos radeaux
Greffons au ciel en guise d'étoile,
En sémaphore notre idéal
Fin du spectacle prémédité
Tout s'ra maint'nant improvisé
Les applaudissements viendront
Pour chaque miracl' que nous ferons

Et laissons là dans le sillage
Les horoscopes, les faux présages,
Dans l'universelle équipée
Chaqu' jour est la nouvelle année.

--G4rF--

jeudi 7 décembre 2017

Poème express

H.P.

Au fil des portes closes
Et des salles en fureur
A longueur de couloirs
De blocs et d'ascenseurs

Au rythme des grabats
Sur leurs voies de garage
Foule en anonymat
Des blouses en paysage


Kilomètres arides
Linoleum plat
Rampant en tout endroit
Saveur bactéricide

Variables usagers
Parfois en simple escale
Sous les peintures âgées
En ce lieu de tout mal


Près des néons blafards
Éclat du gyrophare
Dans le choc du brancard
Un futur noir ou blanc

Au creux des yeux cernés
Du soignant épuisé
Sur ses sabots usés
Les patients, les patients

--G4rF--


mercredi 6 décembre 2017

Ciao jojo

Souvenir, souvenir...
Contrition forcée ? Très peu pour moi. J'en ai à peu près rien à cirer de Johnny Halliday, mais je ne conchie pas Jean-Philippe Smet non plus, parce qu'il faut distinguer le personnage fantasmé du mec qui l'interprète.

Sur ses chansons ? Il en a composé une seule, je crois, c'était "cheveux longs et idées courtes", chanson dans laquelle il tentait (maladroitement il faut le dire) de faire le clash avec Antoine. Oui, LE Antoine d'Atoll-les-opticiens, qui, dans ses élucubrations, avait dit en évoquant le futur interprète du concurrent Optic 2000 : "tout devrait changer tout le temps / le monde serait bien plus amusant / on verrait des avions dans les couloirs du métro / et Johnny Halliday en cage à Médrano".

Sur l'affaire, ce que j'en dis, c'est qu'Halliday était un bon interprète, il a très bien chanté de très beaux morceaux, il en a aussi massacré des horribles sur scène, et il a su très bien s'entourer du point de vue professionnel, mais sans doute moins bien du côté personnel.

Après, pour ce qui me concerne, le culte de la personnalité et du mythe américain de notre chanteur franco-belgo-suisse national m'a toujours gonflé : pour lui comme pour d'innombrables stars de la chanson, leur succès est dû à leur travail, certes, mais aussi à celui considérablement plus énorme de milliers de bosseurs de l'ombre, des compositeurs aux paroliers en passant par les roadies, les tourneurs et les ingés sons qui, eux, crèveront dans l'indifférence générale alors qu'ils étaient des rouages indispensables pour qu'un mec comme Johnny existe en pleine lumière.
Et je n'ai pas connaissance que le sieur Halliday invitait ses techniciens et ses équipes en vacances sur un yacht à Saint Trop'.

Donc oui, Jean-Philippe Smet est décédé, oui, il ne jouera plus Johnny Halliday, oui les proches sont effondrés, oui les fans sont tristes, oui, qu'on les tous laisse chialer puis s'en remettre comme ils pourront.

Mais oui aussi, tous ceux qui n'en avaient rien à foutre de la surmarketée idole des jeunes ont aussi le droit de se plaindre.
Parce qu'on va de force leur bourrer le mou, les yeux et les oreilles toute la semaine avec du Johnny par-ci et du Johnny par-là, quel grand homme, quel symbole national, violons et tremolos sur toutes les antennes.
Et ça, dans le même pays et la même semaine où par hasard on inhume aussi Jean d'Ormesson, un mec dont l'oeuvre est elle aussi du genre valable (même si je n'aimais pas ses points de vue et ses tendances politiques), mais bon, l'oeuvre de d'Ormesson est moins télégénique, alors on en cause 5 minutes et on retourne à ses petites affaires, vas-y remets moi "Tennessee".

A l'instant, je n'imagine rien de pire que cet exercice d'hommage imposé, ça vous pousse à détester à titre posthume quelqu'un qui ne méritait peut être que votre dédain de son vivant.

Réveillez-moi pour la mort de Damien Saez , de Björk ou de Trent Reznor, là, ça me fera sans doute quelque chose.
--G4rF--

lundi 20 novembre 2017

Poème express

Marcheurs de nuage

Un peu aveugle et sourd
Juste pour un moment
Nez humide et doigts gourds
Il s'approche, marchant

Dans les poches de lumière
Trous dans l'opaque nuée
Cheveux gris, yeux clairs
Venu, parti, passé.

Sorti du mur de ouate
Sitôt y replongeant
Partant de ses pénates
Ou bien y retournant

Un visage inconnu
Croisé sur un trottoir
Dans le brouillard touffu
D'une aube très en retard

Dans nos manteaux, frileux,
Sommes-nous seulement deux
Ou une infinité
Arpentant, engoncés,

De la ville embrumée
Les venelles et passages,
Des marcheurs de nuage
Aimant à s'égarer ?

--G4rF--