mardi 6 novembre 2018

Poème express [103/365] - Peur

Peur
La peur est la réponse aux blessures vécues,
Aux douleurs infligées, à la souffrance nue,
Qui fait de son mieux pour nous tenir à distance
Du risque de nouvelle expérience de souffrance

La peur est défensive et prend ce rôle à coeur
Au point d'être excessive, elle devient oppresseur
Paralysant tout geste pour supprimer tout risque
Par la grève du zèle elle retient et confisque

La peur est une voix qu'il nous faut écouter
Mais qui pour nous convaincre doit argumenter.
Gardons pour ses propos une oreille vigilante
En tenant en respect cette mère étouffante.
--G4rF--

mardi 30 octobre 2018

Poème express [102/365] - Amour

Amour
C'est un sujet sans fin que d'aucuns définirent
Déjà bien mieux que je ne prétendrais le faire.
À l'édifice j'apporte ma toute petite pierre
Pour dire ce qu'est l'amour, simplement. Le décrire.

L'amour est ce tourment dont mon souffle est étreint
Au souvenir d'un geste que tu fis sans mot dire,
Quand de dos, contre moi, tu vins pour te blottir,
Douce et enivrante comme ton divin parfum.
--G4rF--

Poème express [101/365] - Complicité

Complicité

Recevoir ton regard, ton sourire amusé
Comme le point de départ d'un instant partagé
À parler avec toi sans desserrer les lèvres
Tenter de réprimer le rire qui nous enfièvre

Donner un peu le change par respect des convenances
Retrouver le sérieux, sauver les apparences
Juste assez pour ensuite, une fois seuls à nouveau,
Éclater de rire sans besoin de dire un mot.

--G4rF--

Poème express [100/365] - Froid

Froid

Il faisait un temps à cacher les ours blancs
Un froid tellement polaire qu'il sentait la boussole
Que les congélateurs en pleuraient leur maman
Que même les icebergs remontaient leur cache-col.

Que les pingouins fuyaient, direction les Tropiques,
Et la banquise en grossissait de contentement.
C'était par ce temps-là qu'une rencontre épique
Manqua ne pas se faire pour cause d'hiver ardent.

J'étais seul sur ce quai, à me geler les prunes.
Tu te caillais les miches sur le quai juste en face.
Les trains ne roulaient plus, pour comble d'infortune :
Des heures qu'on attendait qu'au moins l'un d'entre eux passe.

D'impatience et de rage, les usagers fâchés
Tout rouge malgré le froid partaient en maugréant
Contre l'hiver, le vent, contre la CGT,
Victimes usuelles de leur emportement.

Ainsi, l'un après l'autre, ils désertèrent les lieux
Soudain je me vis seul, comme toi (donc à deux)
À subir stoïquement les outrages glaciaires
Chacun engoncé dans son manteau, sa polaire.

Après un long moment à attendre pour rien
Sans qu'un salut ferré en gare ne se présente
J'ai eu cette pensée pratique mais inconvenante
Qu'en se serrant un peu ça réchaufferait bien.

As-tu pensé de même ? Il faut le croire sans doute
Puisque lorsque je fis mouvement pour quitter
Mon quai désert et de toi venir m'approcher
Tu agis de concert et pris la même route

Vers l'escalier gelé du passage souterrain
Qui devint toboggan dès ton troisième pas
Et c'est sur le derrière que tu attins son bas
Comme je le fis moi-même, meurtri et mal en point.

Nous patinâmes ensuite du mieux que nous le pûmes
Sur le sol glacé du tunnel trop venteux
Tombant, nous relevant, progressant peu à peu
Dans la neige en pagaille ramenée par la brume

Et je fus enfin là, à portée de ta main
Idiot et interdit, ne sachant quoi te dire
Lorsqu'au dessus de nous passa ce maudit train
Et qu'après son fracas, j'ai entendu ton rire

Qui réchauffa mes os, dégela ma carcasse
Et dont le beau son clair mit le feu à mon cœur
Me poussant à sortir enfin de la torpeur
Et à mon grand plaisir, j'ai su briser la glace.

--G4rF--

lundi 29 octobre 2018

Poème express [99/365] - Tristesse

Tristesse

Je voudrais tant connaître le remède parfait
Pour soulager ton cœur de son isolement...
Et toi, sais-tu comment m'aider à supporter
La douleur de ne jamais être ton amant ?
--G4rF--

Poème express [98/365] - Chambre

Chambre

J'ai rêvé d'une chambre grande comme un manoir
D'un espace assez vaste pour y pouvoir loger
Tous les moments à deux que je voudrais passer
À jouer la musique de ton corps chaque soir.
--G4rF--

Poème express [97/365] - Feu

Feu

Dans l'âtre chatoyant dansent les escarbilles
Teintant la fonte grise d'éclairs écarlates
Emportant vers le ciel ces joyaux qui scintillent
La fumée fuit en longues volutes délicates

Auprès du grand foyer ronronnant patiemment
Les paroles s'apaisent, s'amenuisent et s'arrêtent
Face aux courbes des flammes, arabesques abstraites
Ondulant en longs traits aveugles et ardents

Vers nos âmes profondes il prend un raccourci
S'adressant à nos cœurs, à nos instincts primaires,
Indifférent aux bois qui font son ordinaire
Le feu est un félin faussement adouci.

--G4rF--

Poème express [96/365] - Herbe

Herbe

Ses lames sont tendues vers la nuée lointaine
D'où s'abat par moment la tempête impétueuse
Lapidation céleste aux armes silencieuses
Que le fracas impose, abrupte et souveraine

La verte frondaison montre sa luxuriance
Couvrant l'horizon clair de ses épées brandies
Apostrophant le ciel, lui jetant un défi
Armée d'occupation au long cri de silence.

Ployant aux mots d'Éole, tenant droite la ligne
J'y vois une forêt, une jungle curieuse
Peuplée de créatures féroces et fabuleuses
De grandeurs dérisoires et destinées infimes. 
--G4rF--

Poème express [95/365] - Eau

Eau

De l'eau à l'eau, comme cendre et poussière,
De l'eau à l'eau, dans nos temps éphémères,
De l'eau à l'eau, la vie s'en vient s'en va,
En pluie continuelle, sans haut ni bas.
--G4rF--

jeudi 25 octobre 2018

Poème express [94/365] - La licorne en pyjama (Oceano Nox remix)

La licorne en pyjama (Oceano Nox remix)
Ô combien de pognon, de billets par centaines
Qui partirent en fumée dans cette fête foraine
Pour cette foutue licorne se sont évanouis ?
Combien ont disparu, vraie petite fortune,
Dans l'abysse sans fond de cette machine à thune
Sans que jamais la chance n'ait une fois souri ?

Combien d'euros tombés pour ce jouet en cage
Par frénésie du jeu, terrible dérapage
Qui d'un souffle aspira jusqu'au dernier euro !
Tout le monde sait bien qu'il ne faut pas y jouer
Que ce fric est perdu car on ne peut gagner
A ce jeu de la pince, à cet attrape-nigaud.

--G4rF--

NB : j'ai la flemme de reprendre les 8 strophes, et pis chuis pas Victor Hugo moi.