jeudi 28 février 2019

Poème express [182/365] - En travaux

En travaux
Près des cônes de Lübeck et de la rubalise,
De la signalétique annonçant le chantier,
Les feux et les peintures, les panneaux déportés,
Les fardiers suspendus, des bras se mobilisent.

Il y a du changement, de gros travaux dans l'air
Et les engins s'activent en de puissants efforts
On s'agite, on déplace, on porte et on s'affaire.
Tout est à rebâtir. Il va y avoir du sport.
--G4rF--

Poème express [181/365] - Gommer

Gommer
Frotter, frotter encore, absorber le graphite
Faire s'évanouir les pleins et les déliés
Retrouver la surface vierge du papier
Faire sauter les loupés, les mots écrits trop vite

Frotter, frotter partout, en râpant la surface
Sur tous les mots trop lourds et les vraies maladresses
Appuyer sur la gomme pour que tout disparaisse
En essayant en vain d'essuyer toute trace

Gommer, gommer toujours, au milieu des pelures,
Des mines de crayon et de copeaux de bois
Reprendre de zéro comme la première fois
Mais jamais protégé du risque de rature
--G4rF--

Poème express [180/365] - Le chat noir

Le chat noir
Il vient se faire chauffer sur les pierres, au soleil,
Perché loin des idiots et de leurs coups de pied
Il guette et se prélasse, s'abandonne au sommeil
Il voit tout notre monde comme un précieux jouet
--G4rF--

Poème express [179/365] - Un briquet allumé

Un briquet allumé
Je n'ai jamais vraiment
Su qui a initié
Toutes ces flammes flottant
Dans les foules assemblées

Au pied des grandes scènes
Aux lumières aveuglantes
Dans les fosses béantes
Aux allures paroissiennes,

Ces briquets allumés
Dans les mains par centaines,
Communion partagée
D'une foi contemporaine

Dans des instants sacrés
D'unité éphémère
Que les salles de concert
Seules savent créer
--G4rF--

mardi 26 février 2019

Poème express [178/365] - Cartouche vide

Cartouche vide
Comme une nuit sans lune et un sommeil sans rêve
Comme une plume sèche et une cartouche vide
Je m'épuise et m'acharne et cherche non sans blêmir
Des thèmes et des idées et me force à écrire.
--G4rF--

Poème express [177/365] - Dans un marron

Dans un marron
Il y a un bonheur assez inattendu
A attendre quelqu'un à quelque coin de rue
Cherchant à se distraire pour faire le temps moins long
En dribblant et tapant du pied dans un marron
--G4rF--

lundi 25 février 2019

Poème express [176/365] - Premier

Premier
Un frémissement
Le soleil vient l'effacer
Premier des beaux jours
--G4rF--

Poème express [175/365] - A côté

A côté
Si j'avais un souhait ou un vœu à porter
Ce serait de pouvoir de nouveau t'accoster
En te demandant de bien vouloir m'accorder
L'espace d'une soirée pour pouvoir aborder
Ta conquête en évitant de tout saborder
Par un mot maladroit qui, loin de t'apporter
Le rire ou le bonheur, mettrait hors de portée
La possibilité de te voir m'adopter,
Car je voudrais toujours t'avoir à mes côtés
Et puis de temps en temps pouvoir t'escamoter,
T'avoir juste pour moi, bref, te barboter
Partir sous d'autres cieux avec toi caboter,
Faire la sieste dans une auto décapotée,
Ou toute une soirée t'écouter pianoter,
Toi si magnifique et moi si mal fagoté,
Mon cœur transporté, secoué, ballotté,
Par ta simple présence, toi, ma fille d'à côté.
--G4rF--

Poème express [174/365] - Trop jeune

Trop jeune
Bien sûr que j'ai envie de cueillir sur la branche
Ce fruit appétissant qui s'offre à mon regard,
Et bien sûr qu'il me tente d'en goûter une tranche
Cédant par gourmandise et égoïsme avare.

Ce serait séduisant d'en avoir la primeur
De s'y aboucher pour aspirer son nectar
Mais le fruit n'est pas mûr, son aspect est trompeur :
Certes il est magnifique mais il est pour plus tard.

Il lui faut du printemps et de l'été encore
Pour épaissir sa peau et gagner en saveur
Qu'il se frotte au temps, à la rigueur du dehors
Pour affiner son goût et être encore meilleur.

Mais ce fruit, avant d'être à sa maturité,
Peut-être par un autre se laissera croquer.
S'il ne m'en reste rien, c'est aussi bien comme ça
Le fruit vert me déplaît et ne m'intéresse pas.

Quand le temps viendra de le pouvoir savourer
S'il accepte que je vienne m'en rassasier
Je boirai tout mon soûl à ce divin calice
Comblé par la patience de mille et une délices
--G4rF--

Poème express [173/365] - Peur de rien

Peur de rien
Perchés sur une falaise ou la flèche d'une grue,
Faisant la sourde oreille à l'appel du vide.
Pensant à notre Terre dans l'espace, perdue.
Rejeté par autrui, en solitude aride.

Aveugles à l'avenir, nous laissant dépourvus.
Privés d'une connaissance que chacun a, sauf nous.
Le vide crée l'effroi et l'absence nous tue.
La peur de rien est mère de la peur de tout.
--G4rF--