lundi 4 février 2019

Poème express [133/365] - S'en retourner

S'en retourner
Être arrivé à l'heure, avoir salué chacun
Pris le temps de l'éveil, fourbissant les outils
Qui prenant le café, tel déjà au turbin
Et moi quittant enfin le rythme ralenti

A se gratter la tête, parler en réunion,
Laissant pour le midi le travail en attente
Puis retourner serrer des écrous, des boulons,
Grappillant ça et là quelque instant de détente.

Penser, penser encore, réfléchir, questionner
Rédiger, raturer, réécrire plusieurs fois
Et au soir approchant, se lever et ranger,
Reprendre son manteau, s'en retourner chez soi.
--G4rF--

365 jours de poésie express - bilan post début d'année, post hiatus

Bon bah tout ça n'est pas très glorieux.
Fin d'année, flemme, mouvements incontrôlés dans la laïfe de votre serviteur, j'ai comme toujours tout un tas d'explications pour dire pourquoi je n'ai pas réussi à atteindre mon but.

Après avoir passé un long moment à remettre au carré mon agenda dédié à l'écriture, je peux produire les chiffres suivants :

  • j'en suis au 210ème jour de mon projet ;
  • 57% du temps est écoulé ;
  • j'ai écrit 132 textes (waouh !) ;
  • ceci correspond à 36% du total des textes à produire durant le projet (euhlà...) ;
  • c'est à dire seulement les 2/3 de ce que j'aurais dû écrire à ce jour (seulement ?!) ;
  • il me reste 155 jours d'écriture (la vaaaache !) ;
  • pendant lesquels, pour tenir l'objectif final, je dois écrire 233 textes (sérieux ? Ouh putain...) ;
  • si j'écris désormais 2 textes par jour pour éponger le retard, j'aurai rattrapé celui-ci dans 78 jours, soit le mardi 23 avril (ah ouais... ah c'est quand même peut-être faisable...) ;
  • il me restera ensuite 77 jours à un texte par jour pour finir le défi dans les temps (des vacances, youpi !).
Le plus gros obstacle est l'inspiration.
Élément combinatoire de cet obstacle, l'exigence de ne pas écrire quelque chose que je trouve tellement inutile, fade ou vide de sens que j'aie l'impression de faire du remplissage. Je veux bien écrire des conneries, je ne veux pas écrire du rien du tout.

C'est dur, les amis. C'est vraiment dur.

Mais je pense que ça me fera du bien, une fois l'épreuve terminée, de m'être prouvé que j'ai assez de jus de cerveau pour parvenir à franchir mon infranchissable.

Et de temps en temps, je suis vraiment, vraiment content de ce que j'ai pondu ce jour-là. Et rien que pour ces moments là, ça vaut le coup de le faire, et ça vaut le coup de continuer.

Just keep on moving (nom d'une vache).

--G4rF--

Poème express [132/365] - Presque

Presque
Pas loin d'être content
Quasiment satisfait
Approximativement
Pratiquement
Pour ainsi dire
Aux alentours de...

Mais pas tout à fait quand même.
--G4rF--

Poème express [131/365] - ↑↑↓↓←→←→BA

↑↑↓↓←→←→BA
Toujours à la recherche du clavier caché
D'une manette secrète de la destinée
A tester les combo, tous les enchaînements,
Pour trouver le cheat code supprimant les tourments.
--G4rF--

dimanche 3 février 2019

Poème express [130/365] - Listes

Listes
Celle des courses à faire,
Celle des tâches de maison,
Celle à faire pour hier,
Celle des "à l'occasion".

Celle des lettres à ouvrir,
Celle des trucs à payer,
Celle pour les loisirs,
Celle des "à réparer".

Liste ici, liste là,
Liste tout, liste à mort,
Je fais ci, je fais ça,
Et elles grandissent encore !
--G4rF--

Poème express [129/365] - Contrôle

Contrôle
L'altimètre cassé, le compas hors d'usage,
Un avion surfe et tangue sur la mer de nuage.
Personne n'est aux commandes sur le siège du pilote.

Dans le blanc du coton, le lapis-lazuli,
Il divague et volète sans un cap défini
Se laissant promener où le diable l'emporte.

A l'arrière du cockpit une porte entrouverte,
Derrière elle, une cabine étrangement déserte
Et tout au fond, au sol, je suis là, somnolent.

Avant que vers l'orage je ne sois aspiré
Ou que le carburant ne vienne à manquer
Il me faut retrouver l'énergie et l'élan

De mettre debout pour braver les abysses
Au cœur desquelles je vins pour me réfugier,
De reprendre le manche, me réapproprier
Le contrôle que fuyait le "moi" du temps jadis.
--G4rF--

samedi 2 février 2019

Poème express [128/365] - Onde

Onde
Comme une algue aérienne, le rameau ondoyant
Exprime par la danse la turbulence des vents
Dans un ballet bruissant de chuintements légers
Du saule frissonnant qui ne cesse de saluer.
--G4rF--

Poème express [127/365] - 4745

4745
Plus de quatre mille jours.
Quasiment cinq mille.
Treize ans que tu es là.
Et je ne regrette que les jours où je t'ai gueulé dessus.
Heureux anniversaire.
--G4rF--

Poème express [126/365] - Un signe

Un signe
Fais moi un signe
Un tout petit signe
Petit quelque chose
Auquel m'accrocher

Fais moi un geste
Un tout petit geste
Timide étincelle
Dans l'obscurité

Dis moi un mot
Un tout petit mot
Une goutte de son
Dans le soir muet

Donne moi une miette
Une petite miette
Un morceau de ton cœur
Car je suis affamé.
--G4rF--

Poème express [125/365] - Œil pour œil

Œil pour œil
Quel était le moteur des frères de la côte ?
Quel tour du destin a pu les faire verser
Vers une vie de danger, de clandestinité,
Craints sur toutes les mers de tous les argonautes ?

Quelle existence morte cherchaient-ils donc à fuir ?
Avaient-ils tout perdu pour que la peur les quitte ?
Le désespoir au large les poussa à partir,
Marginaux dérisoires poussés hors de l'orbite.

Voyez donc aujourd'hui, aux portes de nos villes,
Sur les ronds-points surgir ces nouveaux misérables
Dont nos gouvernants nient l'effort considérable
Consenti pour montrer leur calvaire, leur péril.

Ne vous étonnez pas, hommes d'autorité
Inaptes à l'empathie pour ce peuple étranglé,
De les voir chaque jour plus forts et décidés :
Chaque œil que vous crevez reviendra vous hanter,

Derrière le bandeau noir d'un tout nouveau corsaire,
Un autre homme de peu que vous aurez poussé
A prendre fait et cause pour vous destituer
Et vous rendre comptable de leurs blessures de guerre.
--G4rF--