dimanche 19 août 2018

Les pieds dans le tapis

C'est ma semaine de stats, apparemment. Je savais que j'étais à la bourre dans mon opération "365 jours de poésie express", mais je ne m'étais pas aperçu qu'en plus de prendre du retard je ne savais plus compter.
Apparemment j'ai réussi l'exploit de publier 2 poèmes numérotés 27 : "Chaud crépuscule" et "Le creux". Trop fort.
Bon, bah je renumérote...

Une fois les chiffres remis au propre, voilà où j'en suis :

  • temps : 41 jours écoulés depuis le début de l'opération
  • volume : 36 poèmes publiés
  • régularité : peut mieux faire. Il y a un delta de -5 textes publiés en regard de l'objectif initial, ce qui n'est pas si mal, mais n'est quand même pas top non plus.
    Plusieurs looongues coupures sont visibles dans l'agenda, dont seule la première est vraiment justifiée (j'étais malade), le reste c'est de la flemme ou du "pas la tête à ça". En essayant d'en publier 2 par jour de façon régulière, je devrais revenir à quelque chose de plus satisfaisant.
  • moral : après quelques fluctuations, ça remonte dans le bon sens, je me sens apte à tenir le rythme.
    Curieusement, le fait d'avoir eu à garder 2 clébards ces derniers jours m'a obligé à reprendre un rythme de vie plus cohérent, d'où meilleur sommeil, meilleure énergie... le résultat est clairement perceptible. J'ai écrit un truc là-dessus, je ferais sans doute bien de le relire.

--G4rF--

Poème express [36/365] - Zoom arrière

Zoom arrière
Une cuillère qui tinte
Dans une tasse de café
Près d'un sucre ensaché
Posé sur la soucoupe
Au côté d'un verre d'eau
Sur une table carrée
Au bord de la terrasse
Où ronronne le chat
D'un petit bar tranquille
À l'ombre des arcades
D'une rue de la vieille ville
Dans un coin éloigné
D'une province qui s'étire
Au soleil du mois d'août
Et toi, tout à côté,
Ta main posée sur moi,
Qui me regarde.
--G4rF--

Poème express [35/365] - Premières lumières

Premières lumières
Le nouveau jour donne à ta peau l'éclat sucré du printemps
Et ton sourire comme une promesse de délice exaltant
--G4rF--

vendredi 17 août 2018

Joyeux anniv à la bourre mon blog

Pris d'un accès de curiosité, je suis allé jeter un oeil sur l'historique de mes publications, et ça m'a permis de réaliser un truc con.
Ce 28 février 2018, donc il y a déjà presque 6 mois, mon blog a fêté ses 13 ans.
Eeeeeeh ouais.
13 ans à écrire des trucs, une fois de temps en temps, des fois de très longtemps en très longtemps.
Treiiiiize ans !
La vache.
Ceci ne nous rajeunit pas.

13 ans à bafouiller sur un clavier, avec l'hypothèse que quelqu'un, ami ou pas, curieux de passage ou pas, tombera dessus et n'aura pas trop l'impression d'avoir perdu son temps en ces lieux.

Un humoriste américain que j'aime beaucoup et qui s'appelle Lewis Black parlait dans un de ses spectacles de son soixantième anniversaire en termes peu élogieux, et rabrouait son public applaudissant la nouvelle en disant à peu de choses près : "il n'y a vraiment rien à célébrer, ni rien dont on peut être fier, quand on vieillit d'un an de plus. C'est juste un putain de coup de chance."
Mouais. Dit comme ça, évidemment...

Quoi que... à dire vrai, ça me fait quand même quelque chose de me dire que ce blog a 1 an de plus que ma grande fille. C'est sans doute le projet --je devrais dire, le méta-projet-- le plus long auquel j'aurai participé jusqu'à ce jour (en mettant de côté, bien sûr, mon concours permanent de "qui mangera le plus de saucisses au prochain barbecue")(je vous laisse deviner le vainqueur).

Ami·e·s de longue date qui lisez ces quelques mots, merci de votre étrange fidélité à mes pitreries scribouillardes.
J'espère être en mesure d'honorer votre patience envers moi encore un long moment. Poil aux dents.

--G4rF--

PS : au prochain message, l'année 2018 deviendra ma 2ème année la plus prolifique sur ce blog, ex-æquo avec 2005. Encore un petit effort et nous vaincrons le neumbeurre ouane, l'année 2011 et ses 52 posts jusqu'ici indépassables !

Poème express [34/265] - R.A.Z.

R.A.Z.
J'ai recouvert de peinture
Les plafonds, le sol, les murs
Tous badigeonnés de blanc
Virginaux et aveuglants

J'ai caché sous le pigment
Fiertés et sentiments
Saletés et sédiments,
Divagations, errements.

J'y ai enfoui sous l'enduit
Mes envies inassouvies
Des désirs inavouables
Et tant de pensées coupables

J'ai changé ma devanture
Dissimulé mes craquelures
Mal rebouché les fissures
Qui parsèment mon armure

Pour remonter sur les planches
Moi, la nouvelle page blanche
Dont on voit en filigrane
Des vieux moi les épigrammes

--G4rF--

jeudi 16 août 2018

Poème express [33/365] - Dernière pierre

Dernière pierre
Et quand je serai desséché
Quand je n'aurai plus que du sable
A la bouche pour te parler

Et quand j'aurai tout exprimé
Quand je n'aurai plus que du sable
Dans le coeur pour t'adorer

Et quand il me faudra stopper
Quand je n'aurai plus que du sable
Dans les jambes pour marcher

Je brûlerai d'une dernière flamme
Chauffé à blanc, je forgerai
Le sable en verre, cabochon d'âme
Taillé en cœur pour mieux briller

--G4rF--

mercredi 15 août 2018

Poème express [32/365] - À faire

À faire
Il y a les choses à faire, les actes appropriés.
Il y a le nécessaire, l'urgent, le différé.
Des tâches qui s'empilent en colonnes immenses,
Le futile comme l'utile, tout ce qui a un sens.
Il y a le temps qui fuit, s'échappe et accélère
Servitude et ennui du labeur parcellaire.
Des mains qui se fatiguent et un être abîmé
Et le sang qui l'irrigue, sirupeux et épais
S'échappe d'une entaille, blessure accidentelle
Offerte par ce travail dont le corps est l'autel
Objet de ces efforts, sujet des sacrifices,
Espérant le confort et la fin du sévice.
--G4rF--

mardi 14 août 2018

En passant...

Le cap des 30 premiers poèmes express est passé.
C'est le moment de faire un petit point vite fait sur cette expérience.

D'abord, je suis à la bourre. De 4 poèmes. Si je rattrapais mon retard, je devrais en être au 36ème le 16 août, c'est à dire à 10% de progression dans cette épreuve.

Ensuite, oui, c'est une épreuve, en tout cas je la vis comme ça. Je pense qu'à la lecture des textes on s'aperçoit assez vite que l'inspiration n'est pas franchement fulgurante et que les thèmes abordés n'ont pas nécessairement un intérêt fabuleux. C'était prévu : l'idée, c'est pas de faire de la grande littérature, mais de tester ma capacité sur le long terme à écrire un petit peu tous les jours, à sortir de mon cortex encrassé des trucs nouveaux, même médiocres.
Ceci explique notamment que la plupart de mes haïkus de cette série, qui par définition doivent évoquer un sentiment fugace lié au temps présent, sont plutôt péraves. Le haïku, c'est ma solution de lâcheté quand je n'arrive pas à faire de rimes ou trouver quelque chose à développer. Honte à moi.

Côté organisation, c'est pas top : écrire mon texte du jour arrive bon dernier dans mes activités quotidiennes, ce qui explique aussi sans doute la faiblesse générale du niveau atteint. Ce serait mieux de commencer chaque journée par l'écriture.
J'ai essayé ça ce matin avec le numéro 29. Je l'aime plutôt bien, ce texte. Initiative à renouveler.

Conclusion : c'est chaud patate, mais je tiens bon. Si j'arrive à concilier dans les mois suivants la continuation de ma remise en forme physique, la continuation de cette épreuve textuelle de longue haleine et le redémarrage de mon activité professionnelle, je pense pouvoir affirmer fin décembre que l'année aura eu un bilan positif.

Surtout, ne pas lâcher.
--G4rF--

Poème express [31/365] - Propre

Propre
Combattre le désordre
Déloger la saleté
Ranger ce qui déborde
Classer, trier, placer

Chacun à ses pénates
Tout bazar interdit
Surfaces nettes et plates
Le tumulte est proscrit

Grand ménage d'été
La poussière s'efface
Et laissera la place
A la nouvelle année

Qui bientôt recommence
Reprenant à zéro
Ramenant le chaos
S'étendant en tout sens
--G4rF--

Poème express [30/365] - Couvert

Couvert
J'ouvre des yeux troubles sur un ciel de grisaille
Ralenti, fatigué, les gestes maladroits
Je m'en vais trébuchant, et espérant de toi
Un rayon de soleil pour percer la muraille
--G4rF--