La chape grise laisse filtrer la lueur
Promettant l'avènement de jours de chaleur.
Soufflant ses dernières forces avant d'être chassé
Le vent grossit la houle et la fait déferler.
D'un fracas formidable les cris des estivants
Tenus là en respect par les jeux de Neptune
Aux limites battues par le sel et l'écume
S'y risquent tour à tour, pâles Océanides
Se confrontant, chétifs, à l'éclat des rouleaux,
Tentant de se soustraire à leurs coups de marteau
Comme il advint de moi lors d'un excès d'estime,
Finissant lessivé, essoré et meurtri,
Traîné au fond de l'eau comme par un tsunami.
Du sable plein les yeux, l'échine en marmelade
Conscience nait alors de cette petitesse
Des pantins que nous sommes devant la mer maîtresse
Nous balaie tels des quilles, d'un coup de pouce moqueur,
Et se rit bien de toutes nos bravacheries :
Son pays nous sera à jamais interdit.