vendredi 30 mars 2007

A bit of music

Fond sonore : Wax Tailor - Que sera

       Ecoutez le fond sonore du jour (direct chez RadioBlog). J'aime beaucoup. Je pense que le "Que sera sera" qui sert de refrain est extrait de la bande-son d'un film de Hitchcock.

<quelques secondes de Google plus tard>

       Je confirme : ça vient de "L'homme qui en savait trop", avec James Stewart et Doris Day (c'est elle qui chante). Bon film, au demeurant.

-G4rF-

mardi 20 mars 2007

Le bal des casse-pieds

Fond sonore : Oldelaf & Monsieur D - Avant

     C'est parti. Et y'en a pour un moment.

     Inutile de le préciser, je fais ici allusion volontairement (notamment via le titre de cet article) à la grande valse électorale dont ce que nous avons subi pour l'instant n'était que l'échauffement. Ca fait un bout de temps que je n'avais pas bloggé.

     Les raisons en sont multiples : j'ai peu de temps pour moi, mon boulot m'occupe pas mal, le temps qu'il me reste est partagé entre ma fille, ma femme, mes loisirs, dont pas mal de lecture. Presque tous mes week-ends sont bouffés par les visites que j'organise pour trouver un acquéreur sérieux pour mon bateau, ce qui malheureusement ne court pas les rues. C'est d'ailleurs plutôt dur de garder le moral, après avoir constaté l'échec de mon beau projet d'habiter sur l'eau parce que je m'y suis pris comme un manche, de devoir traîner encore et encore comme un boulet ce qui constitue de façon flagrante la preuve de mon foirage. J'aimerais bien que quelqu'un de mieux préparé que moi reprenne cette petite chose pour en faire ce que je ne suis pas parvenu à réaliser : un vrai habitat, bien foutu, agréable à vivre. Ca m'apprendra à me lancer sans préparation dans des projets délicats. Enfin au moins tous les plans foirasses et les emmerdements que j'ai subi de plein fouet seront épargnés au suivant. Ce sera ma bonne action de 2007 : je passe le témoin, mais je donne aussi mon savoir chèrement acquis.
     Enfin, je m'égare. J'ai été très occupé. Et bien qu'ayant des choses à dire, je manquais du temps et du discernement nécessaire pour ne pas aligner trop de banalités.
     Aujourd'hui, j'ai un peu des deux. Alors je vais encore pousser une gueulante.

     Ma nature profonde, et ma volonté profonde, est de vivre dans un monde où personne ne peut vous chier dessus en toute impunité et vous laisser dans la mouise sous prétexte que "c'est pas mon blème". De la même manière que mon chantier naval m'a traité comme de la daube en me faisant poireauter 6 semaines pour me livrer mon groupe électrogène (en carottant le trousseau de clé, heureusement que je suis bricoleur, j'ai pu remplacer les serrures), bien souvent le pékin moyen habitant ce pays d'amertume est confronté à la médiocrité banale du prochain dont il dépend. Parce que le type qui est en face de vous a déjà ses problèmes, il ne se préoccupe pas de soulager les vôtres alors même que c'est son métier et que c'est pour ça que vous le payez.

     Je pense qu'on peut trouver plusieurs causes profondes à la morosité ambiante. D'abord, la France devient de plus en plus un pays de castes.

     La caste des SDF, nos intouchables à nous, qu'on ne voit pas, qu'on ne regarde pas dans les yeux, dont on veut bien parler et plaindre la misère mais pas en leur présence parce que ce n'est pas convenable. Combien sont-ils ? Mystère. Demandez au SAMU social, multipliez par 10 ou 20, on arrivera pas trop loin de la réalité.
     Au dessus, la caste des chômeurs, ces affreux assistés qui pompent tout notre pognon si l'on écoute les plus étroits des esprits qui s'expriment. Ceux-là en chient d'autant plus que chaque semaine passée sans travail est vue par les employeurs et par la populace comme une tare, une faute faite exprès, comme si les délocalisés avaient choisi de perdre leur taff et de passer leur vie à courir après des formulaires et des reclassements pipo en croisant les doigts pour ne pas être recalculé ou radiés parce qu'il manque un point là, là et là, et une coche dans la case, ici, au dos du formulaire A28 modifié Z. Combien sont-ils ? Suivant le caractère officiel ou non et prochainement candidat à la présidence ou non des sources, ça varie grave. De 2 millions à 7 millions. Ca fait du monde qui n'a aucune visibilité et aucune espèce de maîtrise sur son avenir, et qui s'endort chaque nuit en espérant avoir toujours de quoi donner à manger aux enfants le lendemain.

     Au dessus, la caste des employés. On peut parler de prolétariat. Suivant qu'ils soient de la vieille école ou qu'ils aient moins de 35 ans, leurs difficultés sont vécues différemment. Les anciens ont été élevés et éduqués avec à l'esprit la constance de l'emploi, l'indignité d'être inactif et la juste récompense du travail bien fait par le patron sévère mais magnanime. Pauvres d'eux, qui doivent maintenant faire des piquets de grève le week-end devant les grilles de l'usine pour ne pas qu'on déménage leurs machines comme des voleurs dans un pays à moins cher.
Ceux de la nouvelle génération savent qu'ils ont tout intérêt à balancer aux orties les valeurs de leurs parents.
     Etre fidèle à son entreprise, c'est la meilleure manière de ne jamais être récompensé pour son travail : on est plus vite augmenté en changeant de boîte pour un meilleur taff qu'en restant sur place. Et pourtant, qu'est-ce qu'ils aimeraient pouvoir se sentir à l'abri dans leur boîte à partir du moment où ils font ce qu'on leur demande... mais ce n'est plus comme ça que ça fonctionne. Combien sont-ils ? La majorité.
 
     Au dessus, les cadres, qu'on pourrait assimiler aux petits bourgeois. J'en suis. J'ai accès à énormément d'outils et de ressources pour faire mon travail et éventuellement des loisirs, je gagne confortablement ma vie mais j'ai tout de même l'impression de ne rien pouvoir construire, ou alors au prix d'un effort sans commune mesure avec la valeur réelle de ce que j'entreprends (j'ai en tête le pognon que ça coûte d'acheter une baraque ou même une petite piaule : quand on a moins de 30 mètres carrés pour l'équivalent d'un million de francs, c'est qu'il y a un problème). Je n'ai droit à aucune réduction, je suis obligé de consacrer une part importante de mes revenus pour payer la garde de ma fille que je ne peux pas élever moi-même parce que mon travail me bouffe trop de temps, bref au final, j'ai bien peu de temps disponible pour dépenser le surplus de ce que je gagne par rapport à la moyenne de la population, et quand je le dépense, ma conscience me rappelle que la seule différence entre moi et le balayeur dehors, c'est que moi j'ai eu toutes les portes ouvertes et les ressources de mes parents pour me payer des études.
     Sinon, je ne suis ni plus intelligent ni plus con que lui. Il pourrait même m'en remontrer autant sur l'art de faire son boulot que moi avec l'art de faire le mien. Combien sont-ils ? Au pif, je dirais 10% de la population.

     Au dessus, les riches. On peut dire les grands bourgeois. Bien nés, bien introduits, la plupart du temps ils doivent leur fortune au fait d'avoir été soutenu par papa et maman, ou d'avoir été pistonnés. Quelques self-made men traînent dans la bande (bien peu de self-made women), qui hélas finiront souvent par dire que s'ils ont "réussi", tout le monde peut "réussir". C'est faux : être parvenu à gagner du pognon ne fait de personne un héros, et ne justifie pas de donner des leçons à ceux qui n'en ont pas. Le pays n'est pas assez riche pour faire de nous tous des milliardaires. Et de toutes façons, qui voudrait être riche comme machin ? Personne : tout le monde veut être plus riche que machin.
     Suffisamment fortunés pour pouvoir s'offrir l'expertise de comptables astucieux et de fiscalistes bien rencardés, les riches s'aperçoivent rarement que leur statut s'auto-entretient. Car, c'est tristement vrai, on ne prête qu'à ceux qui n'en ont pas vraiment besoin. Vous êtes millionaire ? Votre banquier ne vous demandera jamais pourquoi vous voulez emprunter 50 000 Euros. Alors qu'il pourrait se demander si vous ne pouvez pas les sortir de votre propre poche. C'est ainsi : pour ne pas perdre les bonnes grâces des gens fortunés, on leur passe tout, y compris des absurdités.
Combien de riches ici ? Quelques dizaines de milliers.

     Au dessus, les droits-divins. Ultra-riches. Ultra-protégés. Riches d'argent ou riches de pouvoir, ils sont intouchables, disposent de la vraie et l'ultime richesse : des carnets d'adresses bien remplis de créanciers, de relations bien placées, de fusibles éventuels qui sauteront à leur place. Combien sont-ils ? Quelques poignées.

     Et dans ce système de caste, ceux du dessus régentent la vie de ceux du dessous, mais les croisent rarement. Et pourtant, le système républicain est conçu pour assurer le pouvoir du plus grand nombre. La base de la pyramide devrait tenir en respect son sommet. Mais, écrasée par le poids des privilèges, des passe-droits, du crédit excessif de confiance et de respect qu'on accorde à ceux qui n'ont jamais à mettre les pieds dans la fange, la base se laisse engourdir et subit sans trop savoir comment changer les choses cet état de fait. Ceux du dessous sont éduqués à ne pas se rebeller, à ne pas faire entendre leur voix. Ceux du dessous peuvent bien crier, hurler, tempêter contre leur condition : ceux d'au-dessus ont compris depuis longtemps qu'il suffit de faire semblant d'écouter, de promettre de revenir un an après avec des solutions. Entre temps, les problèmes quotidiens aidant, ceux du dessous doivent faire face et laissent sombrer leurs doléances en attendant la prochaine fois où ils donneront de la voix.

     Que faire ? Et que faire face à ces problèmes, alors même que se dessine devant nous une échéance particulière car il s'agit d'un de ces cas de conscience où l'on peut choisir d'y croire ou pas. Peut-on croire sincèrement Sarkozy si l'on porte un oeil objectif sur son bilan ? Peut-on croire Ségolène quand le chiffrage de son programme semble nous condamner à creuser encore un peu plus un déficit budgétaire abyssal ? Peut-on croire Bayrou quand on sait que rares sont les politiciens ayant fait leur mea culpa et qui ont ensuite tenus leurs bonnes résolutions, et quand bien même ils les tiendrait, que les partis politiques de tous bords sont tellement pétris de suffisance et de mépris pour le bas-peuple qu'ils préfèrent paralyser le pays par l'opposition systématique plutôt que faire acte de civisme et agir constructivement ?

     Peut-on sensément faire confiance à Le Pen suffisamment pour lui confier le commandement de la dissuasion nucléaire française ? Peut-on confier à Laguiller la politique internationale du pays ? Nihous saura-t-il annuler la dette de l'Afrique et imposer le moratoire sur la chasse à la baleine ? Besancenot évitera-t-il un krach boursier s'il est élu ?
     Très franchement, pour briser cette logique de caste et rétablir l'équilibre entre ceux qui ont les moyens et ceux qui les subissent, je m'interroge. J'ai envie de voter très à gauche, mais aucun candidat ne me paraît crédible. Je ne peux que m'opposer sur le fond aux principes de révolution sans douceur prônés par les plus radicaux, car une bonne partie de la population vit modestement de la seule existence de l'Appareil, et que le détruire ce serait les détruire aussi. Mais un vote de protestation, c'est le risque de refaire se produire le 21 Avril 2002. Et voter pour choisir un président, ce n'est pas seulement voter pour sa petite gueule à soi et ses petits pépins à soi, c'est voter pour le bien de tous ceux qui vous entourent, même ceux qui pensent autrement que vous. On vote pour les autres aussi.

     Je disais qu'à mon avis le trouble actuel trouve sa source dans plusieurs trous noirs. Le premier est l'existence des castes. Le deuxième est l'aggressivité générale qui règne par chez nous du fait même du manque de moyen ressenti partout.
     Exemple : mon amende que j'ai dû payer 2 fois. En Août 2005, j'ai fait un excès de vitesse. Flashé à 118 km/h sur autoroute au lieu de 110. Amende payée quand elle m'est parvenue : 45 €. Chèque encaissé dans les 10 jours. Un rappel de paiement m'est parvenu après avoir posté mon chèque : j'ignore. Je vérifie : mon chèque est débité : fin de l'histoire. Janvier 2007 : opposition administrative sur mon compte en banque. Ma thune a été palpée, mais personne ne s'est donné la peine de le noter. Pour éviter de payer à ma banque 90 Euros pour libérer mon fric du verrou de l'Etat, je suis obligé de payer une 2ème fois mon amende.

     Pourquoi cette histoire ? Parce que si les finances du pays étaient en meilleur état, pensez-vous que ce genre de conneries arriverait ? Pensez-vous que la connasse d'employée bornée au bout du fil qui, malgré la preuve de la connerie qu'ils avaient faites, m'a tout de même forcé à payer (présomption d'innocence, un jour j'aimerais te rencontrer), aurait reçu des instructions pour agir de la sorte au lieu de battre en retraite et s'excuser comme elle devait (et doit toujours, bordel) le faire ?
     Pensez-vous que le fisc serait aussi agressif, que les agents verbaliseraient à tour de bras, que vous seriez en permanence dans un climat de suspicion si on en voulait moins à votre pognon ? Et par extension, seriez-vous aussi tendu face aux gens qui resquillent, aussi implacables avec ceux qui fraudent, aussi intraitables avec ceux qui niquent le système si vous-même ne subissiez pas toute la violence dudit système en espérant y échapper ?

     Tous ceux qui jouent au Loto ou à EuroMillions dès que la cagnotte monte le vivent semblablement : l'espoir de plus de blé pour régler toutes vos dettes et qu'enfin la vie vous apporte ce que vous souhaitez. Le calme. Le repos. L'absence de stress. La liberté de consacrer votre énergie à ce qui vous plait vraiment, ce que vous voulez vraiment faire.
     Un très bon indicateur des finances d'un pays : la thune allouée à la création artistique. Jamais été aussi faible en France. Les intermittents ont raison de gueuler, comme ils ont toujours eu raison de le faire.
     Et tous ceux qui réclament un meilleur partage des richesses ont raison de le faire. En se souvenant, bien sûr, que même un Smicard français, même un RMIste reste, de par ses ressources, dans la frange la plus riche de la population mondiale, et donc qu'un jour lui-même sera amené à donner.

     On pourrait se dire que c'est en train d'avoir lieu avec les délocalisations : le travail (donc le blé) sont en train de repartir là où les gens sont pauvres. Ca rééquilibre, non ? Mais c'est un non-sens. S'il s'agissait de vases communicants, la thune sortirait d'abord de là où elle est la plus massivement accumulée. De chez les super-friqués. Ce n'est pas le cas. Il n'y a jamais eu autant de millionaires, ni de milliardaires en France. Conclusion : c'est le système des castes qui est en train de se généraliser, de se mondialiser.
     Contre tout cela, il faut lutter. Contre la rupture entre différentes couches de population. Contre la loi du fric contre la loi du nombre, à échelle française et à échelle mondiale. Contre la supériorité artificielle de ceux que la vie a favorisé, et qui font semblant de ne pas s'en souvenir, à échelle française et à échelle mondiale. Et contre tout cela, lequel de nos fringants candidats aura-t-il les coudées assez franches pour agir ?

     Pour l'instant, je sèche. Ce sera sûrement pas à droite, parce que je ne peux pas envisager d'accorder ma confiance à des gens qui mentent aussi effrontément sur leur bilan. Sera-ce à gauche ? Ou bien tenterai-je le coup de poker Bayrou, bien que je trouve ses positions sur la Turquie, la beuh et le mariage gay complètement à l'Ouest et qu'à mon sens il risque encore plus vite que les autres d'agir pour sa gueule avant d'agir pour mes concitoyens ?

     Je sais pas. Putain, je sais pas. Par contre, je sais que je vais voter. Si les votes blancs étaient comptabilisés, je sais ce que je voterai. Mais là... putain, j'en sais rien. Et si y'a bien un truc que je veux faire, c'est ne pas me gourrer. Mais si j'aborde cette élection avec ces interrogations, c'est que comme tout un chacun je les aborde en future victime de désillusion que je refuse d'être, mais que je serai à tout coup. C'est pas du fatalisme, c'est juste de l'expérience. Et ça, plus que tout, ça me fout les boules.

-G4rF-

lundi 12 mars 2007

Ci git Lucky Jacques

Fond sonore : rien (pas le temps)

      L'homme qui mentait plus vite que son ombre.Il s'éteint comme il vécut : souriant devant, suintant derrière, serrant les mains et signant des chèques sans provision avec le même appétit.
      Distillant l'amour du pouvoir autant qu'il méprisait les conséquences de son mauvais usage, réservant chaleureusement quelques perchoirs exclusifs où abriter ses amis de la vindicte des basses classes, Jacques Chirac s'en va le bras levé bien haut, tenant en main comme dernier hommage à soi-même une de ces vessies qu'il affectionnait de nous faire prendre pour des lanternes afin d'éclairer le chemin cahotant qui, nous l'espérons tous, le mènera du palais de l'Elysée au palais de Justice sans passer par la case départ ni toucher 2 briques (même si l'abysse du déficit n'est plus à ça près).
      Sans toi, Mururoa ne bouillonnera plus de la même manière. Les veaux garderont leur tête vissée sur les épaules. Les culs de vache n'auront plus ce lustre que seul toi, flagorneur sans pareil, expert en cirage de pompe pour faire oublier ta consternante incompétence à tes administrés, savait leur donner.
      Il eut une vie exemplaire, du genre d'exemple à ne pas suivre. Souvenons-nous de cet écolo tardif brassant plus d'air qu'une éolienne, ce chantre du panafricanisme qui aida Total à vampiriser les ressources des pays amis, celui qui serra la main de Poutine en laissant le Dalai-Lama attendre à la porte de la présidence sans jamais lui ouvrir. Ayons une pensée pour ce géant qui jalonna son parcours en marchant sur la tête de ses amis pour ne pas être éclaboussé par la boue des affaires-pé-ère où nombre d'entre eux clapotent encore, moribonds, en espérant que ce nouveau Jésus leur commande de se lever et de marcher. Les cons.
      Lucky Jacques n'est plus. En attendant qu'un matricule lui soit affecté et qu'il soit libéré pour raison médicale comme Papon le fringant, ne laissons pas en nous s'éteindre le souvenir de toutes les fois où l'agité de l'Elysée s'est foutu de notre gueule.
      Qu'il prenne enfin son foutu bain dans la Seine. Après on pourra causer.

-G4rF-

mercredi 14 février 2007

Mutatis mutandis

Fond sonore : keud

       Je ne remercierai jamais assez Juliette de m'avoir fait découvrir cette locution latine. Mutatis mutandis. Ca sonne bien. Y'a un côté "mutant" : c'est normal. Je vous évite la recherche sur Google : mutatis mutandis, ça veut dire "en changeant ce qui doit être changé".
       C'est pas la première fois que j'emploie cette expression. A chaque fois c'est quand il y a un revirement dans la structure des HaggiS. Le temps du changement est revenu plus vite que prévu. C'était prévisible, hélas : un groupe amateur qui se pique de composer prend le risque de confronter les aptitudes des uns et des autres à définir un terrain musical commun.
       En plus clair, c'est une période risquée parce qu'on doit bosser les uns pour les autres. Ca n'a pas marché avec l'équipe actuelle. J'espère que ça fonctionnera mieux avec ce nouveau revirement. Ca éloigne encore un peu plus la perspective du prochain concert, mais maintenant qu'on possède 90% de l'équipement nécessaire pour la scène, que je sais sonoriser correctement un petit concert et que je sais aussi identifier les pièges à éviter pour parvenir à faire de la compo sans se foutre par terre de nouveau.
       Les HaggiS en arrivent donc à leur... euh... 5ème version ? (9ème version me dit HaTcH... putain, déjà !) En espérant que ce soit la bonne.
              Sinon, je ne désespère pas d'arriver à reprendre un peu le dessus... dès que j'aurai vendu mon bateau et qu'on pourra emménager dans notre future baraque, qui va (par ailleurs) déchirer sa race du point de vue BBQ/cheminée/studio en sous-sol. Je crois un max de doigts.
-G4rF-

mardi 13 février 2007

Haïku instantané

Fond sonore : Nik Kershaw - The Riddle

       Le voyageur part
              Pour devenir un autre
              Au jour du retour

-G4rF-

lundi 29 janvier 2007

Pub malencontreuse

Fond sonore : keud

       Vu sur le Net aujourd'hui :
       Regardez attentivement le titre de la brève, et la pub Federal Express en dessous... savoureux, non ? :-)


-G4rF-

lundi 15 janvier 2007

Recadrage et revendications

Fond sonore : rien (j'ai oublié mon casque comme un con !)

       Le chiffre du jour : 98,1 %.
              C'est un non-événement. Mais y'a deux trois choses à dire.
              D'abord, pendant que tous les excités plumitifs à 3 francs qui ne cherchent pas plus loin que le bout de leur micro baveux les "informations" à diffuser à la plèbe sont pendus aux basques hautaines de Sarkozy le-fraîchement-intronisé-à-la-non-surprise-générale, il se passe d'autres trucs plus sérieux dans ce bas monde.
              Toujours autant de merdier au Darfour. Résurgence des talibans en Afghanistan. Efforts sérieux de paix entre Inde et Pakistan. Le Turkménistan est bien dans la merde, car le successeur autodésigné du "Turkmenbachi" a l'air aussi imbu de lui-même et facho que son prédécesseur.
       Bonne nouvelle : Khaled Meshal, responsable du bureau politique du Hamas, livre une pensée cohérente et qui colle plus à la réalité qu'à la propagande d'un côté ou de l'autre : Israël est là, on fait avec, mais ce qui nous emmerde c'est de ne pas avoir d'état à nous et qu'on nous bouffe nos frontières à tout bout de champ.
              Si ça pouvait rentrer dans le crâne de tous les bourrins des deux bords (je rappelle qu'Israël est sous gouvernement de droite depuis des années et que, traditionnellement tout comme mondialement, il est rare que la droite se préoccupe du social avant de s'occuper du capital - cf les Etats Unis), on pourrait voir là un des premiers vrais espoirs de paix dans ce coin où poussent plus de bombes que de futurs centenaires.
       Et Sarko dans tout ça ? Avec son congrès bien à lui tout pour lui où, étant seul candidat en lice, il a été choisi avec un score de république bananière qui montre à quel point c'est le culte du chiffre qui est à la première place pour notre ministre de l'intérieur. Et accessoirement ministre des cultes. Je ne savais pas que ce poste couvrait aussi le culte de la personnalité. Sarko, c'est le Jean-Claude Van Damme de la politique. 100% show, mais derrière... et encore, Jean-Claude Van Damme n'est peut-être pas Hegel, mais il connaît son métier et c'est pas parce qu'il est sévèrement bourrin que c'est une ordure pour autant. Je ne peux pas dire que je n'ai jamais tripé sur un film de baston, ce serait mentir.
              Nicolas, lui... qu'on le fasse tant mousser avec quelque chose dont tout le monde se doutait (la seule incertitude sur l'intromiss... l'intronisation de Sarko, c'était le chiffre), c'est bien la preuve ultime que la France est un pays de médias serviles et muselés, où seuls les satiriques propagent un courant d'air frais qui sent plus la vérité que le cabinet de consultants en comm'.
       Qui parle vrai aujourd'hui ? Qui choisit de mettre le doigt sur les sujets qui fâchent ?
Le Canard enchaîné. Charlie-Hebdo. Groland, avec son pays tellement proche du nôtre, tellement plus franc aussi. Je veux bien prêter allégeance à Notre Président, parce que c'est un rigolo.
              Je n'ose imaginer comment je réagirais si tous les blaireaux nombrilistes de ce pays rendu mou à grands coups de trique insécuritaire donnaient leur unique voix à Sarko.
       Je ne cache pas mon inclination politique, mais je ne cache pas non plus que cette année encore je vais voter par défaut au lieu de voter par choix. Comme l'essentiel des Français, je vais choisir un candidat contre tous les autres, et pas le candidat qui me plaît. A la place de Ségolène, mettez-moi Guigou et là je voterai content.
              Ce que je souhaite, c'est la taxe Tobin (le pauvre homme a milité longtemps pour elle et sera mort avant qu'elle soit instituée). Ce que je souhaite, c'est plus de juges d'instructions, de la place dans les cellules surgonflées par Sarko, un vrai suivi psy pour les détenus problématiques (de 1/3 à 2/3 de l'ensemble suivant les chiffres), et une humanisation des prisons qui permettent d'espérer arriver à refaire des citoyens entiers avec les gens qui y passent, au lieu qu'ils en ressortent broyés.
       Je veux des services publics qui restent des services publics, parce que je sais qu'en Californie, où tout se passe plus vite et en plus gros qu'ici, la libéralisation de l'énergie a été une catastrophe pour les pauvres et que la fourniture d'électricité est devenue ultra chère (pas à cause des coûts de production, mais de la spéculation boursière). EDF, GDF, la Poste, tout part en couille, et c'est pas être conservateur, c'est juste savoir que quand tu privatises un truc public, la dernière des préoccupations des nouveaux patrons c'est le public.
              Je veux qu'on indexe la croissance des loyers et des prix de l'immobilier. Je veux qu'on contraigne toute entreprise laissant des bureaux vides pendant un an dans les villes déficitaires en logements sociaux à payer charges, entretien et impôts foncier pendant un an à des squatteurs autorisés.
       Je veux qu'on oblige par la force des tribunaux les municipalités à appliquer les critères de la loi SRU, avec des amendes répercutées directement sur les impôts locaux des habitants les plus riches, et sur les privilèges des maires : en cas de manquements répétés et non justifiés, inéligibilité.
              Je veux qu'on publie les déclarations d'impôts de tous les élus de France.
              Je veux qu'on impose 20% de syndicalisation des employés dans toutes les entreprises du secteur tertiaire.
              Je veux qu'on supprime la robe des magistrats, et tout ce décorum à 2 balles qui donne l'impression que la justice est rendue par Bozo le clown.
       J e veux qu'on multiplie par 20 le parc éolien de la France. Je veux qu'on utilise le pognon dégagé par la privatisation des autoroutes pour creuser des canaux et mettre les fleuves aux gabarits modernes pour favoriser le transport fluvial.
              Je veux qu'on abatte en 6 mois tous les panneaux publicitaires illégaux.
              Je veux qu'on instaure une semaine par an sans publicité : ni dans les journaux, ni sur les murs, ni à la télé, ni nulle part.
              Je veux que tout élève inscrit dans une école municipale soit inscrit d'office à la bibliothèque municipale.
              Je veux qu'on envoie dans les quartiers chauds des flics expérimentés, des profs expérimentés, et qu'ils soient correctement rémunérés.
              Je veux qu'on oblige les producteurs d'émission télévisée à publier leur comptabilité, et notamment le bénéfice dégagé sur les SMS des spectateurs.
       J e veux qu'on autorise la pub pour le cinéma et les bouquins à la télé, ça nous changera de Auchan, Carrouf et de Procter & Gamble.
              Je veux qu'on sanctionne TF1 et les autres au porte-monnaie quand ils donnent une information politique biaisée : je suis 100% d'accord avec Bayrou quand il dit à Claire Chazal que c'est à cause de leurs conneries qu'on est en train de glisser vers une politique bipartite à l'américaine. A force de réduire les revendications des partis d'extrême gauche à du folklore, celles du centre à du flan et de ne pas souligner les ressemblances frappantes entre les déclarations de Sarko et celles de Le Pen, les grandes télés privées (je refuse de dire que France Télévisions est public, si c'était le cas ils seraient plus équilibrés et y'aurait peu ou pas de pub) enfoncent le clou et le débat au lieu de l'élever.
       Je veux qu'on oblige la presse gratuite genre métro à faire de la pub pour la presse payante.
              Je veux qu'on kidnappe et qu'on envoie directement à la casse les bateaux-poubelle qui niquent nos côtes. Même punition pour les bâtards qui dégazent à tout va.
              Je veux des voitures à l'éthanol de série dans 4 ans maximum. Je veux des chauffe-eau solaires sur les toits de France, comme en Allemagne.
              Je veux des services publics disponibles, avec une obligation de décrocher le téléphone, par exemple.
              Je veux une augmentation massive des transports publics, et le doublement du personnel d'accompagnement, notamment la nuit.
              Je veux des gratifications pour les familles qui parviennent à diminuer leurs consommations énergétiques.
              Je veux un délai maximal de 6 mois pour statuer sur le cas de chaque sans-papier.
       Je veux que les avocats commis d'office soient expérimentés, et assistés de jeunes qui débutent.
              Je veux que chaque député, une fois par an au moins, soit contraint d'exercer son droit de visite dans les prisons.
              Je veux que chaque gosse reçoive, le jour de sa majorité, un exemplaire du code civil et du code pénal, remis gratuitement par l'Etat.
              Je veux que l'entrée des stades soit nominative et que toute personne subissant une mesure d'exclusion soit tenue à l'écart de toute manifestation sportive quelle qu'elle soit pour un an minimum.
              Je veux qu'on crée des accès handicapés pour tous les lieux publics du pays, sans exception.
              Je veux qu'une adresse email gratuitement consultable n'importe où soit fournie automatiquement par l'état à tout citoyen.
              Je veux que le CV anonyme soit obligatoire.
              Je veux que soit instauré un système graduel qui oblige tout acheteur de véhicule à avoir un nombre défini d'années de conduite sans accident responsable pour pouvoir détenir un véhicule puissant. En cas d'accident responsable, retour à la Fiat Punto.
       En clair, je veux un monde sans langue de bois, où les escrocs en col blanc sont condamnés avec toute la sévérité qu'on peut réserver aux voleurs de pommes. Je veux un pays où liberté, égalité et fraternité sont des mots qui ne sont pas vides de sens. Où on peut avoir confiance en ses élus, parce qu'ils savent que s'ils font les cons ils vont se faire aligner méchamment.

-G4rF-

mardi 9 janvier 2007

Haïku instantané

Fond sonore : Da Silva - L'indécision

       Frémissement doux 
       De l'aigrette folâtrant
       Sur ta joue sucrée
 

-G4rF-

[>o<]

Fond sonore : Lily Allen - LDN

       Juste un p'tit mot en passant : toujours en vie, la tête sous l'eau, bientôt obligé de baisser encore le prix de vente de la péniche tellement c'est la merdasse et il faut la vendre, pas le choix.
              Rendez-vous ce midi avec mon copain Seo, faut ranger l'appart, quelques bouquins écoulés, et dans le merdier global qui semble prédominer en ce début 2007 (rien d'inaffrontable, c'est juste que c'est dur de garder son sang-froid dans tant de bazar), je vous recommande de cliquer sur le lien du fond sonore du jour. Agréable et sans illusion. Contient du bien. Comme la prochaine fournée des HaggiS, qui, je n'ai pas peur de le dire, va tabasser sa race de sa mère de la mort de sa vie des fesses. Enfin un truc dans ce goût-là.
       A partir de maintenant, je mettrai systématiquement le lien vers le morceau sur Radio-Blog, ça vous permettra d'être plus facilement dans l'ambiance.
              Le proverbe instantané du jour : si tu ne desserres jamais les dents, ne sois pas étonné qu'on te trouve l'air méchant.

-G4rF

mardi 2 janvier 2007

2006 a trépassé...

Fond sonore : Stretch - Why did you do it

       2006 est mort. Tant mieux. A l'opposé du mouvement FONACON, moi je n'ai qu'une chose à dire : 2006, c'était naze.

       Bon, c'est pas vrai. C'était pas naze. Plein de choses super se sont produites en 2006 :
              - d'abord, ma fille est née. Un 28 Janvier, ce qui dénote un goût certain pour les cadeaux puisqu'elle a attendu un bon mois après Noël pour faire son entrée, ce qui nous condamne dans le futur à la gâter 2 fois d'affilée, plutôt que de grouper les événements et tailler dans le budget en douce. Sournoise comme son père... c'est bien, ma fille ;
              - ensuite, contre vents et marée j'ai publié mon premier
bouquin. Yeeehaaa !
              - le groupe
HaggiS est encore de ce monde. On compose enfin, et c'est d'la balle ;
              - j'ai changé de taff, et faut avouer que diviser son temps de transport quotidien par 3, ça vous a un je-ne-sais-quoi de libérateur. J'en profite cependant pour faire coucou à tous les anciens collègues de CSC : c'est pas parce que j'ai subi les aléas de projets aléatoirement maîtrisés que je vais mettre dans le même panier ceux qui m'ont foutu dans la merde et ceux qui s'y sont retrouvés avec moi ;
              - je me suis débarrassé de mes véhicules superflus, à l'exception notoire de mon bateau qui est encore en vente à ce jour ;
              - à l'exception d'un ampli de puissance et d'enceintes P.A. (ça signifie Public Address, pour ceux qui tombent là dessus dans leurs manuels d'utilisation de matos et qui savent pô ce que c'est parce que personne ne l'écrit jamais), j'ai tout ce qu'il faut pour sonoriser un concert de taille moyenne maintenant ;
              - je ne désespère pas d'arriver un jour à boucler un deuxième tome de mes écritures ;
              - j'arrive à lire Charlie Hebdo et le Canard Enchaîné régulièrement ;
              - je suis meilleur cuisinier que l'an passé ;
              - la carrière anglaise de l'ami DeniZ prend un tour de plus en plus favorable, ça fait plaisir de voir quelqu'un prendre son pied dans son taff et développer ses capacités comme ça. ILM, WETA, à la fin il aura ses séquences à lui dans les bonus des DVD et ça, ben ça fait plaisir. Copain !

       Bon, foin d'angélisme, il faut bien le reconnaître, 2006 a aussi été une année pas mal foireuse :
              - le passage de mon blog sur Google est chaotique et j'ai un mal de chien à en assurer une présentation correcte ;
              - ma femme persiste à refuser de devenir ma femme, sous le vague prétexte que le mariage l'emmerde. Le problème, c'est que si un jour elle finit par accepter, je vais trouver ça suspect ;
              - malgré sa filiation exceptionnelle et une qualité génétique comme on n'en fait plus, ma fille trouve toujours du plaisir à éternuer pendant qu'on lui donne ses cuillerées de purée ;
              - quel que soit le ressort dont j'ai usé, je me suis avéré totalement incapable de parvenir à décrasser les gonds rouillés de la portion de la Grande Machine Administrative Française responsable des voies d'eau pour la convaincre de procéder à la délivrance d'un pauvre bout de papier qui dit que j'ai le droit de payer pour parquer mon bateau là où il se trouve. Les VNF sont nulles, je n'ai pas peur de le dire, dans la mesure où ils sont dans l'incapacité totale de voir la croissance d'intérêt entre un quai en béton tout pourri tout pas beau et tout vide, et le même quai avec des jolis bateaux où des gens habitent, toute considération faite sur la sécurité des lieux, l'espace de navigation nécessaire pour les bateaux de commerce, le marnage, les lâchers d'eau et tout le bordel.
              On n'habite pas en péniche pour faire chier le monde, mais juste parce que c'est chouette. Et on est prêt à payer pour y habiter. Eh ben même ça, ça les dépasse. Les responsables de cette administration méritent tous une bonne baffe en travers de la gueule pour les sortir des jardinières où ils prennent racine dans un conformisme douillet et un conservatisme bien pratique qui leur évite la honte, une fois de temps en temps, de passer dans "Capital" et de montrer à quel point ces déplorables chevaliers des eaux sont maladroits quand il s'agit simplement de descendre une échelle de coupé et grimper sur un bateau pour aller jouer à la police, ce qui par ailleurs constitue un contresens légal dans la mesure où seule la police nationale et la gendarmerie ont délégation de l'état pour verbaliser : les règlements fluviaux s'appellent des règlements de police, et c'est pas pour rien (pour plus d'information sur la manière calamiteuse et autocratique dont les voies d'eau françaises sont gérées, allez voir
ici et ici).
              Imbéciles incapables de voir qu'ils scient avec toute la minutie du bureaucrate borné la branche sur laquelle ils sont assis. Pour toute la haine que vous m'avez inspiré pendant l'année 2006 et les 2 années qui ont précédé, je vous souhaite de vous trouver un jour dans la même situation merdique que moi pour comprendre à quel point c'est rageant d'avoir à affronter une absence de service public juste pour obtenir un papier qui m'oblige à vous payer tous les 3 mois une somme conséquente en échange d'une absence d'entretien des quais, d'une absence de service d'alerte performant en cas de crue ou d'accident, d'une absence de courtoisie et de disponibilité, d'une absence de contrepartie valable à mes efforts pour rendre mon coin de berge sympa.
              Je ne chie pas dans les bottes des petits fonctionnaires, là, moi j'en ai rien à foutre de leur taper dessus, leurs chefs le font déjà à plus ou moins bon escient. Par contre, à vous les décideurs partisans de ne rien décider, je vous assure de mon profond mépris et de ma rancune tenace, qui viendra joindre le flot acide de rancoeur écoeurée nourri par les soupirs épuisés de tous les pénichards d'un jour que votre inaction fige dans une stase déliquescente dans l'attente de l'improbable sauf-conduit sans lequel on en est réduit à la clandestinité forcée et à vivre dans la crainte des fameuses astreintes, tandis que sur tous les quais de l'Ile De France on peut voir pourrir les fruits de votre fainéantise en mille épaves sombrant doucement mais sûrement, que l'on ne peut plus amener au déchirage parce que vous contraignez toutes les stations de traitement des déchets du fleuve à la fermeture. Si on vous laissait faire, en quelques années tous les fleuves que vous gérez seraient des champs de ruine jonchés de morceaux d'épaves émergeant pendant l'étiage : le fleuve serait un immonde merdier, mais un merdier légal. Chouette.
              Si j'avais le droit de vous attaquer en justice pour inaction et délai de procédure excessive, je le ferai et je vous ferai bouffer les textes de loi régissant votre travail par les narines, minables escargots régurgiteurs de paperasse ;
              - je ne suis toujours pas un bon dessinateur ;
              - je n'ai pas trouvé plus de trois ou quatre occasions de sortir ma jolie guitare acoustique et de me faire la main dessus ;
              - j'ai dû, contraint et forcé par les circonstances, couper les ponts avec un proche. J'ai déjà eu l'occasion de parler de lui, et du désespoir dans lequel mon incapacité à l'aider à faire face à ses problèmes et à quitter définitivement la bouteille me plongeait. Malgré ses dires, malgré une attitude de façade encourageante, je sais de source sûre qu'il n'a toujours pas dit stop, et il est hors de question que je consacre plus d'énergie et de temps pour le voir me mentir et tenter de m'abuser avec une attitude qui ne me trompe plus depuis longtemps.
              Le parrain de ma fille doit être quelqu'un de droit, et c'est pas les occasions de le devenir qui ont manqué pour lui. Donc, fin des frais, fin des conneries, s'occuper de ce mec est devenu un boulot à plein temps, et c'est pas un informaticien qu'il lui faut mais un alcoologue. Du coup, c'est BleZzZ qui a pris le relais et qui est maintenant le parrain de ma gosse. Je sais pas pourquoi, mais j'ai bien plus confiance désormais.
              - j'aurais aimé passer des vacances d'été dans une ambiance moins prompte à susciter le malaise ;
              - j'aurais aimé me convaincre de faire du sport. C'est peut-être jouable pour 2007...
              - j'aurais aimé avoir du temps pour écrire plus ;
              - plus le temps passe et plus je découvre qu'en vieillissant mon aptitude à me souvenir de plein de choses s'étiole. J'ai 30 ans depuis le mois de mai, deo gratia j'ai encore quelques cheveux sur le caillou (ce qui à l'échelle de ma famille représente un exploit pour le genre masculin), et plus on me rappelle comment on avait bien rigolé tel jour avec telle personne dans tel endroit en faisant ci et ça, et plus je m'aperçois qu'à force de concentrer mon attention sur certains sujets en priorité (ma gosse, ma femme, ma famille, le monde, la politique, la musique, la lecture, l'humour) je zappe des moments qui comptent encore pour les autres quand je les ai oublié depuis longtemps. C'est pas facile à vivre. Ce n'est pas qu'il s'agisse de moments inoubliables (dans la mesure où je les oublie, y'aurait comme un contresens), mais si j'en arrive déjà à laisser de côté les instants importants, je me sens d'un coup bien plus faible que je ne pensais l'être. Et à défaut de me tuer sur l'instant, ça nuit à mon ego. Et pour ceux qui me connaissent intimement et qui savent le combat que je mène pour faire taire l'exubérance de mon moi au quotidien, le constat est ferme : ça revient couasiment au même.

       Enfin voilà, une année se barre, une autre arrive, avec son lot d'épreuves qui ne vous tuent pas mais vous rendent plus fort (s'il faut en croire Nietzche), qui vous font chier veugra en espérant gratter 3 sous à Euromillions pour se payer un restau et aller tremper les pieds dans de l'eau de mer au moins une fois cette année (s'il faut en croire moi).

       A vous qui me lisez, ami, parent, relation ou inconnu parfait, je vous souhaite une année 2007 aussi peu agressive et aussi personnellement enrichissante que possible. Je vous souhaite de faire plus de bien que de mal autour de vous. Je vous souhaite d'être debout plus souvent que couché. Je vous souhaite d'être raisonnablement cool, et modérément cinglé.
              Soyez humble et lumineux, et vous verrez, un jour, vous vous direz "j'ai vécu des jours moins cons à l'époque, et j'y étais pour quelque chose".

-G4rF-