lundi 23 juillet 2007

mercredi 18 juillet 2007

Smack ! in my face...

       


       Un petit mot en passant pour faire mon intéressant (comme d'hab). Je viens de finir de lire les 2 premiers tomes d'Endymion (Dan Simmons), j'attaque l'Eveil d'Endymion, pour l'instant ça contient que du bonheur, même si l'étendue de l'histoire et les concepts techno développés me perdent un peu.
              J'ai appris en passant qu'il s'était pas mal inspiré pour ces histoires, en plus bien évidemment de la poésie de Keats, du bouquin "Out of Control" de Kevin Kelly. Des tas d'autres bouquins y faisant référence, je l'ai commandé aux US et je l'ai bouffé. Plein de bonnes choses et de trucs intéressants, même si le pavé date déjà de 15 ans et que la science a pas mal bougé depuis. Bordélique, mais intéressant.
       Après "Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles" de Bernard Maris (cf "Enterrement de bulletin (urne funéraire ?)") j'ai achevé "La grande désillusion" de Joseph E. Stiglitz, Nobel d'Economie et économiste en chef sous Clinton puis à la Banque Mondiale. Bien qu'il s'agisse d'un capitaliste convaincu, il est aussi convaincu du fait que le creusement de plus en plus abrupt en richesse et pauvreté, à la fois entre les hémisphères mais aussi entre les citoyens des pays occidentaux, tient à la façon autistique dont les institutions économiques internationales, mais aussi le club privé des pays riches prônent l'ouverture et la transparence et la libéralisation massive et le désengagement de l'Etat dans tous les pays "en développement", alors qu'ils se gardent bien d'appliquer ces beaux principes jusqu'au-boutistes à eux-mêmes. Edifiant.
              On a juste envie de demander à l'auteur : "mais dis-donc, toi qu'a été économiste en chef de Clinton, pourquoi tu fais ton étonné à confesser les péchés des autres, alors que t'étais quand même 1er conseiller du Mister Univers du moment ? Pourquoi tu t'es pas bougé le cul quand t'avais le pouvoir de le faire, nabot bleu ?"...

       Dans le même temps, je commence à gober "Les voies du chant", de Jean-Pierre Blivet, en attendant d'avoir les moyens de me payer des cours de chant, des vrais. Intéressant, mais putain de bordélique et l'auteur ne craint pas de se répéter dès qu'il s'agit d'un concept qui lui tient à coeur. De là ressort l'impression d'un goût de poussière pédagogique, et son immense admiration pour les maîtres italiens du bel canto semblent lui faire oublier que le public de son bouquin n'est pas forcément à genou devant les dorures et adorateur acharné de la triple croche en clé d'ut : bref, le lecteur non-professionnel et pas éclairé (s'il était éclairé, il aurait pas besoin d'un bouquin) doit avaler de force le bouillon au goût un peu rance dans lequel ce type, qui est sûrement un très bon prof dans le réel, balance dans un relatif désordre tous ses concepts et toute sa science anatomique de l'appareil phonatoire avec une sensation de "si tu comprends pas, j'vais pas te le refaire" qui m'exaspère toutes les 2 pages.
              Le côté didactique me semble se diluer dans la forme adoptée et dans l'amour d'une exactitude stricte du propos pas forcément utile d'entrée, alors que le fond est intéressant et clairement très riche et étudié. C'est dommage. J'apprends de bonnes choses quand même, mais c'est loin d'être aussi fun à lire qu'un "Le chant pour les Nuls", ce qui est regrettable : c'est pas en cassant d'entrée les genoux des béotiens en leur faisant bien sentir à quel point ils n'y connaissent rien qu'on leur donne envie de partager sa passion et de lire un peu plus.
              J'ai acheté aussi "La voix libérée" d'Yva Barthélémy, que j'ai pas encore lu. J'en parlerais un peu plus tard, quand j'en aurai fait le tour. J'espère y trouver une démarche pas forcément plus simple, mais au moins plus humble et plus adaptée à un gars qui, franchement, connaît 2-3 trucs de base et voudrait se sentir moins con arrivé à la dernière page.

       Autre medium : le DVD. J'ai profité lâchement d'une échappée de ma moitié pour commencer à mater "Beside you in time", aka Halo 22 de Nine Inch Nails. Putain que c'est bon. De la ouache à donf, une franchise et une intégrité pareille, ça vous donne envie de jouer et de répéter tous les jours pour devenir aussi bon et aussi créatif. Je kiffe veugra sa race en slip mauve. Au minimum.
              Voilà, j'ai fini ma séquence "je lis plein de trucs et je vous gave avec". Bientôt, un post différent sur un sujet qui n'aura sans doute rien à voir.

       Oh, j'oubliais : j'ai enfin pu lire "Matin brun" de Franck Pavloff. Moins de 10 pages, écrit gros, et ça suffit à vous expliquer en termes clairs ce qu'est le totalitarisme, l'autoritarisme, et l'abdication progressive des libertés et de la conscience humaine face au confort du laisser-faire (qui se paie cher, très très cher). A placer entre toutes les mains, à commencer par celles de tous les béni-oui-oui qui gobent les sarkozysmes quotidiens en souriant, et parviennent à vivre en étant persuadés que le Salut vient de la Fermeté. Vous savez, ces bonshommes et bonnes femmes qui sont bien contents de découvrir les ASSEDIC le jour où la fatalité aveugle, qui le plus souvent s'acharne sur les faibles, les jette soudain à bas de leurs berceaux dorés directement dans la fosse où surnagent péniblement le plus grand nombre, de la fange jusqu'au cou pour les plus chanceux...

       Je me plais à penser que si la métempsycose est une réalité, et si je parviens au bout de mes existences sans tuer quiconque et en modérant ma cruauté, Sarko et ses admirateurs nantis auront encore pas mal de tours gratuits à se taper sur la Roue du Karma quand j'en descendrai. Allez allez, roulez petits bolides !


-G4rF-


vendredi 6 juillet 2007

Mi-figue mi-olu

Fond sonore : rien (pas le temps)

       Ouais.
       Bof.
       Bien, mais quand même pas top.
       Ca fait déjà deux semaines, et franchemetn ça m'a pas laissé un souvenir impérissable. Je crois que c'est ça le plus chiant, en fait. Je parle bien sûr de la Fête de la Musique.
              Evidemment, revoir les copains ça fait toujours plaisir, et puis pour une fois qu'on avait des compos à présenter, elles ont quand même été vachement bien reçues. Mais le coin... franchement, super bof.
       Ca nous a quand même coûté la bagatelle de 130 Euros de location de matos, on s'est fait chier à trimballer tout ça dans tous les coins, bref on a quand même galéré.
              Et quand je fais la comparaison avec les années d'avant, où on jouait moins bien et avec moins de matos, et qu'on blindait le boulevard Saint Germain de people, ben... ben ça fait chier d'avoir joué devant si peu de gens. Au milieu d'un carrefour. Avec les bagnoles qui continuent à circuler. Et des super effets de lights, sans table de liaison DMX (ça s'appelle des feux rouges).

       Dommage, ça aurait pu être bien mieux, mais c'était vraiment trop loin de tout. Et du coup, alors que les années précédentes on finissait trop tôt parce qu'on était excités et qu'on jouait tous les morceaux trop vites, ben cette année on a fini trop tôt parce qu'on faisait maxi une ou deux minutes de pause entre deux morceaux (pour pas laisser tomber l'enthousiasme de 40-50 personnes maxi présentes), et paf c'est reparti pour le suivant.
              Dommage, dommage... mais bon.
       Retenons le côté positif : on peut retourner jouer quand on veut pour le Grillon, on sait qu'on sera bien reçus. Les die-hard fans étaient là, et ça fait du bien à nos egos surdimensionnés de rock stars atrophiées.
              On a signé des autographes, pour la première fois je crois (HaTcH me contredira sans doute, je sais plus trop si c'était déjà arrivé). Bon, d'accord, à des gamines de 10-12 ans, mais des autographes quand même. Et puis dans l'ensemble, c'était une bonne expérience. Comme tous les concerts où le matos n'explose pas entre les mains et où le son est correct. C'est-à-dire... ben, pas tous les concerts, en fait !
       Maintenant, c'est retour à la compo, et je vais faire un effort pour agrandir petit à petit la formation en convaincant mon petit monde que c'est pour le mieux. De ça, je suis convaincu. C'est vrai que la gratte rythmique et le clavier, ça va sans doute moins se jouer sur le talent que sur l'ouverture d'esprit et l'envie de jouer n'importe quoi tant qu'on joue, chez les potentiels futurs membres.
              Mais bon, on n'en est pas là, faut encore que je finisse de ripper la dernière répèt, la découper, la mettre à dispo pour les potos, bref y'a du taff !
              Allez, on y croit, on se bat.

       Dans d'autres nouvelles, je viens de me faire aligner par VNF pour stationnement du bateau sans titre. Après avoir contacté la principale assoc' de défense de l'habitat fluvial, j'en ai appris d'encore plus belles sur VNF que je ne croyais possible. Ces nazes (je pense qu'on peut parler de nazes quand on confie une mission précise à une entreprise publique et que celle-ci, sans doute motivée par une direction étrangement conservatrice, choisit de se fâcher avec tout le monde et de pratiquer le statu-quo pour pas qu'on vienne effleurer la pelouse de son petit pré carré), ces nazes, donc, n'ont pas créé une seule nouvelle place de stationnement en Ile-De-France en quinze ans.
              15 ans sans rien !

       Moi, en quinze ans, j'ai passé mon bac, j'ai passé mon diplôme d'ingé, de technicien supérieur, j'ai passé mon permis, j'ai rencontré ma femme, j'ai loué mon premier appart, j'ai acheté mes meubles, j'ai fait un enfant, j'ai écrit un bouquin. Bref, j'ai été actif sur mon domaine.
              Et eux, là, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Des règlements liberticides appliquées pointilleusement au détriment évident du plus élémentaire bon sens par des gens qui se planquent derrière une "responsabilité pénale" dont j'aimerais bien qu'on me détaille (pour rire un peu) les tenants et aboutissants, juste pour ne surtout rien avoir à faire. L'exemple magnifiquement occidental du "c'est pas mon problème" que le monde entier nous reproche. Avec raison.
              A ce tarif-là, franchement, est-ce qu'il vaut mieux confier cette responsabilité à un corps d'Etat qui n'en fout pas une et se cogne ouvertement des conséquences de ses décisions sur les vrais gens humains qui se retrouvent au tribunal pour avoir eu la bêtise infinie de vouloir stationner un bateau là où il ne gêne personne et où rien ne se passe jamais (parce que VNF laisse pourrir le patrimoine public dont la responsabilité lui a échu) ?
              Ou bien faut-il envisager de scinder clairement la gestion des ouvrages d'art, la gestion du traffic commercial et la gestion de l'habitat fluvial en reconnaissant au passage, comme la simple logique le réclame, qu'un bateau à quai utilisé comme logement fixe devienne un bien immeuble ?

       Ben voilà. C'est simple. Mais VNF Paris (parce que j'ai rien contre le reste de VNF France, jusque là je n'ai eu que des bons rapports avec mes interlocuteurs de province) est figé dans un rôle de juge et partie tout puissant, comme un gendarme Cruchot à deux francs qui plante un panneau "stationnement interdit" en plein milieu de la cambrousse après que votre voiture soit venue s'y arrêter, et vous colle un PV en se frottant les mains et en clamant son bon droit au nom de la Loi (je vous arrête).

       Quand on décidera de faire des voies d'eau les axes de vie que sont les routes pour les usagers de la bagnole et les lignes de chemin de fer pour les commuters, quand on réalisera qu'il vaut mieux ne pas confier à un manchot la réfection du mur, ni à un sourd le standard téléphonique, il y aura soudain une lueur d'espoir baignant les quelques 3 000 propriétaires de bateaux sauvés de la ferraille pour devenir des habitations. Ce jour-là, s'il arrive enfin, on se dira : "on a enfin réussi à trouver un antidote à la connerie !".

       Malheureusement, pour ce qui est de faire n'importe quoi en faisant chier (et surtout payer) un maximum de monde, le Virus de la Navigation de France a une encâblure d'avance sur les chercheurs de vaccin.

-G4rF-

              PS : pour ceux qui se demanderaient le pourquoi du comment du jeu de mots pourri dans le titre, c'est juste que dans l'actualité, le PDG de Danone qui, il y a deux mois, ne voyait pas l'intérêt de céder sa filiale biscuits, est en passe de fourguer le petit LU à Kraft.
              Vous savez, Kraft, de Kraft-Jacobs-Suchard, des barres de chocolat, des vaches mauves et des procès pour cybersquatting à une couturière de Valence qui, pauvre d'elle, fut baptisée Milka par Papa et Maman... ça promet pour les Figolu, ça.
              Remarquez, moi j'aime pas les Figolu (on dirait une citation du Schtroumpf Grognon), alors ça devrait pas m'émouvoir, mais quand je revois les vieilles boîtes en métal Lefèvre-Utile de chez mamie (oui, Lefèvre-Utile, L-U, LU quoi), ben je me demande à quelle sauce Kraft va nous les préparer, les petits beurre. Plutôt goût plastique, parfum restructuration avec des vrais morceaux entiers de délocalisation et de drame social dedans. Ouais ! Des biscuits façon Michelin ! Miam...

lundi 18 juin 2007

Députation, représentation... poil au piston.

Fond sonore : Bronski Beat - Smalltown boy


       Hello les amis ! Je suis d'humeur plutôt joyeuse en ce jour. J'ai en effet eu la satisfaction de constater que :
              - Juppé, déboulonné de ses fonctions après avoir trempé dans les affaires de Chirac et s'être lavé la main de toute souillure genre "je suis au dessus de ça, ça ne me concerne pas",
              - Juppé, qui n'a pas hésité à se présenter à la députation (c'est-à-dire pour représenter les intérêts de ses électeurs à l'assemblée nationale) tout en affichant clairement que le boulot serait cogné par son suppléant puisque lui-même serait occupé, en tant que Ministre d'Etat, à flatter les critères de Hulot tout en enculant la planète,
              - Juppé, qui a montré très tôt à quel point la préservation de la nature par la résistance aux lobbys était sa préoccupation première ( lisez donc ça),
              - Juppé inéligible 10 ans en première instance et 1 an en appel (mais 10 ans, ça aurait été un bon exemple, ce qu'on appelle une jurisprudence, et ça aurait peut-être incité les autres magouillards de gauche, de droite ou du milieu à calmer le jeu)(ou à être plus discret)(ce qui dans tous les cas coûte moins de blé aux contribuables),
              - Juppé, qui relança en son temps les ventes automobiles avec une prime qui fit hurler de rage les partisans d'une écologie à laquelle il nous était demandé de croire désormais qu'il s'était converti, promis juré craché, croix de bois croix de fer, si je mens, je vais à Denfert,
              ...Juppé, Alain de son prénom, est devenu chômeur ce jour. Nul doute que c'est avec joie que les canadiens lui ouvriront de nouveau leurs portes pour qu'il vienne étaler sa suffisance chez ceux qui croyaient enfin en être débarrassés (camarades transatlantiques, je vous plains : devoir vous bouffer nos déchets électoraux, ça doit être aussi dégueu pour vous que nous avons du mal à recycler vos déchets de variété musicale). D'ailleurs, il le déclarait lui-même il y a un peu plus d'un an : "je n'ai aucune intention de reprendre des responsabilités politiques nationales". Ben voyons. Je crois qu'il a dû s'inscrire par mégarde comme candidat. La plume qui glisse au coin d'un post-it pendant qu'il est au téléphone, et hop, une signature malencontreuse au bas d'un formulaire d'inscription (qui était là par hasard, apporté par un vent facétieux). Et sans doute a-t-il cru que Sarkozy voulait lui offrir un ghetto-blaster et de l'argent fauché à un haut fonctionnaire quand il lui a offert "un poste et un portefeuille ministériel". Hmm... ouais, ça doit être ça.
      Ce qui me fait plaisir également, c'est cette suggestion faite par la Facts Only Agency, tout à l'honneur du pan-américanisme viscéral de notre sémillant Petit Père des Riches : rétablir une carte électorale législative qui colle à la réalité, ainsi que cela se fait chez l'Oncle Sam avec plus ou moins de bonheur ( lisez ça). J'ignore ce qui me donne ce sentiment, mais j'ai comme l'impression que personne ne montera au créneau à l'Assembleue Nationale pour mettre l'ancien ministre de l'Intérieur face à ses responsabilités (en langage non- xyloglotte : lui mettre le nez dans son caca).
              Ni au PS, où ça ferait un peu trop revanchard et opportuniste (mais après tout, oeuvrer pour l'égalité de représentation constitue-t-il forcément de l'opportunisme ? Ne serait-ce pas plutôt faire son putain de boulot, et défendre l'intérêt du citoyen ?). Ni au Nouveau Centre, évidemment (puisque plus excentré que ce centre-là, tu meurs : fabrique une bagnole avec des roues Nouveau Centre, t'es sûr qu'elle tiendra toujours sa droite). Ni chez Bayrou, malgré le fait qu'à mon sens ce geste le grandirait. Peut-être chez les Verts et les Rouges ?
       Comme j'ai déjà eu l'occasion d'écrire à Patrick Braouezec (c'est mon député de ma circonscription à moi) et que, chose extraordinaire, il m'a répondu personnellement, je vais lui soumettre l'idée. On sait jamais... ça pourrait faire du chemin. En tout cas, ce serait marrant de voir se rééquilibrer un peu la représentation du peuple, non ? On y croit à mort.
       Allez, et viendez tous à la Fête de la Musique écouter les HaggiS, ou bien je vous dénonce !


-G4rF-


       Edit : merdum. J'avais oublié qu'il était encore maire de Bordeaux. Mais bon... il y a de l'espoir, après tout. Si seulement il pouvait se prendre une bonne veste aux prochaines municipales, on pourrait enfin tourner la page Juppette. Si la circonscription passe à gauche (et encore une fois, je sais rien de ce que vaut la nouvelle députée), peut-être l'emprise soixantenaire des conservateurs sur la ville de Bordeaux va-t-elle finir par vaciller... bientôt... on peut toujours rêver, non ?
              Mais faudrait pas non plus que le successeur fasse pire que lui, ce qui est toujours possible quel que soit le bord politique, alors ne rêvons pas trop fort.

vendredi 15 juin 2007

Zik

Fond sonore : Les Fatals Picards - Partenaire particulier


 

       Nous y rev'là ! C'est la bonne époque où les HaggiS sortent de leur trou pour monter au front, à l'occasion de la Fête de la Musique (et qu'on cesse de créditer Jack Lang de la paternité de cette idée : tout ce qu'il a fait, lui, c'est donner les moyens de la faire à son créateur, Maurice Fleuret.)
              Et comme cette année a vu un renouveau important des HaggiS puisqu'on est rentrés violemment en phase de compo (avec les pertes et fracas inévitables qui accompagnent ce genre de virage), on va avoir des morceaux à nous à montrer (et à faire applaudir, on y croit).
       J'espère ensuite pouvoir amorcer une nouvelle phase de croissance du groupe, afin d'avoir une section guitare solide (une bonne rythmique qui sache dialoguer avec le solo de MiKaChu sans trop contraindre ses délires, c'est ça qu'il nous faudrait) et inévitablement un clavier parce que je le constate de plus en plus, c'est vraiment pas là où je suis le plus efficace, et je crois que ça ferait l'affaire sur tout ce qu'on a de funk, de reggae (mon royaume pour des effets de cuivre !).
       En attendant, les HaggiS sont désormais visibles ici : The Haggis on Virb.com.
              Quant au concert, ça se passera là :

       Rendez-vous à 19h sur place pour les copains (on en sera à faire la balance, avec 2-3 morceaux de chauffe) et début du concert vers 20h (on prévoit de 2h30 à 3h de musique), avec ensuite des copains en électro-acoustique.
       Viendez nombreux avec de la petite monnaie pour remplir notre "Fût à budget bière 2008", afin qu'on ait de quoi étancher notre soif après les répèts en trinquant à la santé du public ! :-)

-G4rF-

lundi 4 juin 2007

No limit

Fond sonore : Niagara - Soleil d'hiver

       Flippant. Je ne sais pas comment qualifier différemment ce qui est en train de se produire dans notre joyeux pays. Reprenons.

       Ministre d'Etat, n°2 du gouvernement, dédié à l'environnement : Alain Juppé. Monsieur Casserolles. La liste de ses faits d'armes est trop longue pour être reprise ici, alors allez voir ça.
              Premier ministre, François Fillon. Allez voir ça. Et aussi ça.
              Santé, Jeunesse et Sport : Roselyne Bachelot. Petit rappel : ça.
              Et tant que j'y suis, le dernier des sujets dont les candidats à la Présidentielle aient parlé : la culture. Représentée par Christine Albanel. Lisez-moi ça. Et ça.

       La liste est longue des têtes en bois choisis par le Petit Empereur pour lui cirer les pompes et venir occuper l'espace médiatique.

       Mais il y a mieux. Il y a ça : l'affaire Police versus 9-3.
              Pour une fois, personne ne pourra m'accuser de dire des conneries sur ce sujet, parce que, comme on dit, j'habite dedans. Rappelons les faits.

              93, le 9-3, ou le neuf-cube comme disent les faiseurs de tendance à 20 centimes, un département qui fait peur, tout rempli de drogués terroristes islamistes qui n'aiment pas les Volkswagen ni les poubelles (et c'est pour ça qu'ils les brûlent). 1 500 000 habitants (à peu près autant que dans les Hauts-De-Seine de Devedjian).
              Budget 2007 du 9-3 : 1 686 Millions d'Euros.
              Budget 2007 du 9-2 : 1 663 Millions d'Euros.
              Mais alors, d'où vient le problème ? C'est quasiment du kif, ces 2 départements.

       Et pourtant. Combien de logements sociaux dans le 93 ? Et dans le 92 ? C'est pas trop dur de comprendre de quel côté il y a vraiment du pognon, et où il n'y en a pas des masses : suffit de regarder le prix moyen du mètre-carré par département. 4 115 €/m2 dans le 92. 2 716 €/m2 dans le 93.
              D'où l'on déduit : c'est beaucoup plus facile, quand on est sans un rond, de trouver à se loger dans le 93 que dans le 92. En clair, qu'il y a plus de pauvres dans le 93 que dans le 92.
              Alors, quand Patrick Devedjian, qui eu ce passé (à modérer, c'est un site pro-turc), commence à gloser sur la gestion hasardeuse de la sécurité dans le 93 par les communistes, ça fait doucement rigoler. Des flics en sous-effectifs permanents, inexpérimentés, qu'on balance dans le panier de crabe et qui en ressortent pourris (quand ils en sortent)(pour la pourriture, je pense à ces keufs de Saint-Denis condamnés pour avoir racketté des putes il y a pas si longtemps). Des bataillons de CRS en camping au pied des cités, censés contenir la rage des caïds locaux. Mais quand tu vas déposer plainte pour aggression au commissariat, on te fait clairement comprendre qu'il vaudrait mieux faire une main courante, voire oublier tout ça.
              Et dans le même temps, les réseaux de trafiquants qui prolifèrent au vu et au su de chacun, comme par exemple en bas de chez moi, où les dealers pratiquent leur business en vue directe d'un poste de police toujours fermé.

       Le boulot de flic est déjà un boulot de merde. Mais là, comment veux-tu qu'ils le fassent ? Au résultat ? Quand tu vois combien ils sont pour gérer des situations qui découlent directement d'une insuffisance d'implication sociale des autres départements, qui laissent s'entasser là les pauvres pour pas les avoir sous les fenêtres, tu t'interroges.
              Et d'abord c'est quoi, un bon boulot de keuf dans le 93, sinon être présent, dialoguer et décourager les petits frères de glander dehors à boire de la 8-6 la nuit pour faire comme les grands ? Si c'est pas traquer les marchands de sommeil ? Si c'est pas mettre en garde à vue les promoteurs véreux qui s'engraissent en surfacturant les contrats de construction de HLM ? Si c'est pas coller des prunes aux commerçants qui laissent traîner leurs saloperies dans la rue le soir en fermant boutique ? Si c'est pas dégager les crétins qui stationnent leurs bagnoles n'importe comment en pleine rue piétonne et causent des embouteillages monstrueux parce que les trams ne passent plus ?
              Et si, pour rétablir la confiance entre les habitants et les flics, on pouvait espérer enregistrer une plainte en moins de 30 minutes ? Et si on avait autant droit aux contrôles d'identité quand on est blanc que pas blanc ? Et si y'avait de temps en temps un ou deux flics dans les bus de nuit ? Et si on était informé de temps à autre par la police du devenir des dossiers qu'on a ouvert chez elle ?

       Oui, la police dans le 93, c'est vraiment pas le pied. Mais je pense qu'en l'occurrence, l'origine du problème tient peut-être plus à la tendance show-biz de l'ancien ministre de l'Intérieur à officier sur les plateaux de télé, aux meetings du Parti Unique et dans son appart à pas cher, que dans son bureau place Beauvau. Certes, ça occupe, la quête de la présidence. Et puis, marcher dans les pas de Pasqua (présidence du 92, Intérieur) sans faire les mêmes faux pas tout en partageant ses passions (les feignasses au boulot, les délinquants en taule, les étrangers dehors), c'est pas facile...

       Nul doute que Devedjian rêve de la même carrière. Après tout, il est avocat de formation aussi. Président du 92 aussi. Réac aussi. Conservateur aussi. Et il voulait être garde des sceaux. Mais qu'il patiente un peu, et on verra où ça le mène. Même si c'est très probablement plus près de l'Elysée que du Stade de France, ce qui fait qu'il y a moins de surprise.
              Mais de toutes façons, avec les élus du 92, il est rare que la surprise soit bonne.

-G4rF-

mardi 15 mai 2007

Chanson d'amûûûr

Fond sonore : White Stripes - Fell in love with a girl

       Du bonheur en boîte de douze : enfin une vraie chanson romantique comme on n'en fait plus. Si vous ne connaissez pas, allez donc écouter "Ce soir", de Max Boublil, jusqu'au bout pour voir les 2-3 copains... hé hé ! Et matez les extraits du spectacle (à mon sens, "Les flics" c'est pas le meilleur, j'aime bien "La fille de Meetic").
-G4rF-

mardi 8 mai 2007

Néo-résistance ?

Fond sonore : rien (pas le temps)

       Bien triste fin que la nôtre. Certes, tous ceux qui, de Bigard à Faudel en passant (putain que ça fait mal) par Dominique Farrugia, s'imaginent qu'on peut faire confiance à Sarkozy pour tenir ses promesses, le savent : on ne va pas m'empêcher de blogger demain.
              Non.
              Mais un débat d'entre-deux tours viré d'une grande chaîne pour atterrir sur l'improbable TNT (franchement, BFM TV commence à avoir de la classe en ce qui me concerne, mais je parle peut-être trop vite), c'est suspect.
              Tout comme il est suspect que 53 % de Français décident de croire en la rupture d'un type qui a déjà eu des années de présence dans les hautes sphères pour changer les choses. Et il ne l'a pas fait.
       Bigard, encore lui, évoquait dans un sketch la mémoire phénoménalement courte du poisson rouge. Et en sortait une situation plutôt marrante. Aujourd'hui, bien que viscéralement écoeuré par le résultat de ce suffrage, je ne peux pas en vouloir à ceux qui ont voté Sarko. Plus les années passent, et plus je suis convaincu que nous sommes tous éduqués pour devenir des poissons rouges. Je vous refais le sketch :
       Monsieur Normal apprend que Sarkozy a bidonné ses chiffres : "c'est dégueulasse !". Un tour d'aquarium plus tard, il a oublié.
              Monsieur Normal apprend que Sarkozy n'hésite pas à encourager les flics à faire du chiffre plutôt qu'à faire leur boulot, qui est de lutter contre toutes les délinquances, et particulièrement celle qui coûte le plus de sous : la délinquance en col blanc. "C'est honteux !". Un tour d'aquarium plus tard, il a oublié.
              Monsieur Normal apprend que Sarko a bénéficié des largesses d'un promoteur très amical. "C'est immoral !". Tour d'aquarium, plus rien.
              Monsieur Normal apprend que 90% (grosso modo) des media du pays sont entre les mains de très proches de Sarko, et que parler de liberté de la presse quand 9 rédac'chefs sur 10 risquent leur place s'ils déplaisent à NaboLéon, ça fait doucement rigoler. "C'est de la dictature !". Tour d'aquarium. Nada.
       Monsieur Normal constate que Sarko a fait campagne aux frais du peuple français du début à la fin, qu'il ne se déplace courageusement dans les banlieues où le pékin moyen est obligé de survivre avec son RMI et son chômage d'entre-deux Contrat Nouvelle Embauche qu'avec un bataillon de flics autour de lui, qu'il vante la rupture avec la politique d'avant mai 2007, c'est-à-dire avant lui-même, et puis qu'il se pose en victime de diabolisation entre les deux tours pour faire pleurer dans les chaumières. "C'est de la démagogie !". Tour d'aquarium. Exit.
              Monsieur Normal, c'est le portrait de l'électeur standard. Pas seulement de Sarko. De tous. On a beaucoup parlé politique, mais combien de personnes ont travaillé politique ? Combien savent ce qu'est la réalité de la mécanique hasardeuse qui régit notre économie ? Combien savent le pourcentage de Français qui adhèrent effectivement à un des partis majeurs et paient leur cotisation ? Combien connaissent la différence entre le nombre de syndiqués allemands et le nombre de syndiqués français ? Bref, combien sont dans l'action, et combien sont dans l'expectative ?
       Monsieur Normal, c'est vous, c'est lui, c'est moi. Philippe Val affirmait qu'on était naturellement de droite, et qu'il fallait faire une réflexion sur soi-même, les autres, et la place de la politique dans ce monde pour devenir de gauche. Je suis d'accord à 200%. A la question "Ségolène est-elle de gauche ?", je ne sais quoi répondre. A la question "Sarkozy est-il dangereux ?" je réponds oui sans hésiter.
              Pour l'anecdote, dans la ville de Colombey-les-deux-églises, où vécut et mourut De Gaulle (de plus en plus sanctifié à mesure que les victimes du passage de l'armée à la politique du grand Charles se dispersent dans le néant), Sarko a fait 51% dès le premier tour. Nombre de visites de Sarko à Colombey : 1. Chirac, qui y va religieusement tous les ans, à Colombey, pour fleurir la tombe de celui dont il se réclame (à défaut d'en être digne), n'y a jamais dépassé 35%. Monsieur Normal est partout. Y compris à Colombey.
       Sarkozy est un néo-conservateur. Un libéral sans frein. J'ai peur de lui, et je sais parce que je me suis documenté que j'ai raison d'avoir peur de lui. "Si la peur fait bouger, elle fait rarement avancer", chante-t-on. C'est vrai. Mais avec un peu de chance, il y a moyen d'aller de l'avant en luttant contre cette peur. Dans ce nouvel état Français entièrement à droite (assemblée à droite, sénat à droite, conseil constit' à droite, conseil supérieur de la magistrature à droite, CSA à droite, Canal+ à droite, TF1 à droite, M6 à droite, Arnault-Bouygues-Lagardère à droite), la lutte contre le néo-conservatisme ne peut s'appeler que la néo-résistance. Pas une résistance destructive, non. Mais il faut forcer Monsieur Normal à se prendre en main, à mettre sa télé sur "Pause" et à refaire lui-même sa propre éducation. Acheter des journaux payants. Apprendre à se frotter à l'opinion contradictoire, et à chercher le fait dans le vacarme de la rumeur.
              En attendant, comme se disent en ce moment quelques millions de nos compatriotes, et quelques millions de ceux qui enragent de n'avoir pas le droit de voter dans le pays où ils vivent, on est mal. On est très mal.
       Fin de transmission.

-G4rF-

vendredi 27 avril 2007

Haïku instantané

Fond sonore : rien

       Goutte inattendue
              Un petit éclair glacial
              Sur ta peau brûlante

-G4rF-

lundi 23 avril 2007

Enterrement de bulletin (urne funéraire ?)

 
       C'est avec une totale absence de surprise et d'entrain que les résultats du premier tour de dimanche se sont affichés sur l'écran de télé des potes chez qui nous avons descendu 2-3 bières en désespérant. Ben oui. Ségo et Sarko, comme dirait Karl Zéro, sont dans un bateau.
J'ai voté pour l'une, j'ai essuyé mes fesses avec le bulletin de l'autre. Pourquoi suis-je déçu ?
       Ce post explique pourquoi.
       D'abord, parce que ce que j'aurais voulu, c'est croire en Bayrou. Mais je crains fort que les deux semaines à venir nous montrent un Bayrou protégeant ses intérêts en ne donnant aucune suggestion de vote (je préfère "suggestion" à "consigne", on n'est pas des veaux quand même). De peur d'un deuxième tour opposant Bayrou à Sarko, voire d'un deuxième tour opposant Le Pen à Sarko (si l'électorat de gauche était trop dispersé et Bayrou trop faiblard), j'ai voté Ségolène. Du bout des doigts.
       Ensuite, parce que j'aurais bien aimé pouvoir voter pour un duo Voynet-Buffet. Parce que :
- quelles que soient les conneries que Voynet a pu faire lorsqu'elle était ministre,
- et que Buffet refuse d'admettre en se réclamant toujours d'un communisme qui n'a pas plus de raison d'être qu'un parti ne l'aurait de s'appeler "Parti Capitaliste Français",
...j'approuve :
- le courage et la profondeur politique de la première qui n'a pas peur d'aller se frotter aux hordes de chasseurs avides de dégommer des palombes et des canettes (même si, je le précise, je refuse de jeter aux ordures la chasse, parce que la réalité est triste, mais il faut contrôler la prolifération de certains animaux sauvages, et c'est à ça que les chasseurs servent), ainsi que son ambition écologique réelle pour notre petit pays,
- et j'approuve le programme de la seconde en terme de société, parce qu'il est bien plus consistant que tout ce qu'un connard de néo-conservateur peut bien pondre en façade tout en chiant dans les assiettes en coulisses.
       Enfin, parce que ça m'emmerde de voir débarquer Ségolène, Jack Lang, François Hollande et toute la clique du PS qui, Séguéla l'a bien dit ce matin et pour une fois je l'approuve, n'ont toujours pas compris qu'ils ne pouvaient espérer gouverner seul le pays. Pourtant, ils font campagne sur le rassemblement, non ?
 
       Légitime question que peut se poser mon lecteur d'un jour : et d'où tu la tires, ta certitude que Sarkozy nous mène au mieux dans le mur, au pire à la révolte ?
       Très simple, mon ami. Vois-tu, j'ai deux lectures en cours actuellement. La première, c'est un bouquin de l'Oncle Bernard de Charlie Hebdo, Mr Bernard Maris, qui est prof d'éco en fac à Paris. Ca s'appelle "Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles", 6 € environ à la keuFNA.
                Un livre très intéressant qui m'apprend, éléments factuels (démontrés de façon irréfutable par des prix Nobel de la discipline) à l'appui :
- que la loi de l'offre et la demande est une connerie qui est basée sur une hypothèse bienheureuse : "la somme de tous les petits déséquilibres de tous les marchés de tout ce qui s'échange donne un grand équilibre global". C'est faux, c'est prouvé ;
- que la concurrence à tout crin, qui est l'épine dorsale de la doctrine libérale et néo-conservatrice, ne profite pas, n'a jamais profité, et ne profitera jamais au plus grand nombre car elle est incapable de produire un équilibre à la fois stable et profitable ;
- qu'il y autant d'espoir de trouver une logique mécanique vertueuse dans les pages éco de n'importe quel canard que dans l'almanach d'Elizabeth Teissier. Il est donc illusoire et stupide de se fier à ceux des économistes qui se parent des atours de la science et arrivent à trouver des cons pour les payer à justifier que demain, il se passe l'inverse de ce qu'ils prévoyaient aujourd'hui.
- enfin, un point crucial : rien n'empêche que, si 30% du marché est dérégulé et 70% encadré et contrôlé par l'Etat, on n'ait pas de meilleures chances d'avoir une situation globalement meilleure que si on dérégule plus et que l'Etat se désengage du commerce et des marchés. En clair, il est prouvé que le fait de tendre vers 100% de concurrence totalement libérée n'a pas plus de chance d'améliorer la situation que de tendre vers l'inverse.
                Edifiant, quand on sait à quel point la droite (dont fait partie Sarkozy, je le rappelle à toutes fins utiles) a historiquement appuyé le libéralisme économique depuis qu'il existe, lequel libéralisme --c'est quand même évident quand on voit Ernest Antoine-Seillière d'un côté et le premier RMIste venu de l'autre-- profite plus aux très riches qu'aux nombreux pauvres car il accentue la différence dans le mauvais sens. Alors que les grands penseurs de l'économie politique que furent Keynes et Marx ont quand même plutôt théorisé dans le sens que prennent les politiques de gauche : l'économie, d'accord, mais po-li-ti-que.
 
       Deuxième lecture en cours, ami lecteur, qui sera bien plus vite finie. Il s'agit du supplément "Ensemble, tout devient Sarkozyble" de Charlie-Hebdo de la semaine passée. A acheter d'urgence, tant qu'il y en a en kiosque. Un document rappelant tous les faits que tout électeur de Sarkozy ferait bien de relire avant de glisser le bulletin portant son nom dans l'urne. C'est un rappel factuel des errements de Sarko, de sa pitoyable gestion de la sécurité, de ses bidonnages de chiffre, de ses provocations/appel du pied aux fachos du FN (qui, comme tous les racistes, sont justes des gens effrayés qui se trompent de colère), de son culte de la personnalité, de sa main-mise sur les principaux groupes privés de media français.
                 Edifiant. Le pedigree de roquet hargneux de ce petit monsieur est effarant. Je ne peux m'empêcher, en l'entendant proférer l'"apaisement" et la "solidarité" dans son discours d'admission au 2ème tour, de me rappeler que :
- Sarkozy a été maire de Neuilly pendant des années
- il a toujours refusé d'appliquer la loi SRU (20% de logements à prix contrôlés, pour permettre aux plus pauvres d'avoir un toit et de pas vivre comme des merdes dans des cités-dortoirs à 80 bornes de leur lieu de travail)
- il a fait des faveurs à un entrepreneur, lequel lui a renvoyé l'ascenseur en prenant en charge des centaines de milliers d'euros de travaux dans son bel appart tout beau tout neuf (prouvé par le "Canard enchaîné", jamais formellement démenti par l'intéressé) ;
- il a dépouillé les banlieues chaudes de leurs flics pour les balancer dans la capitale, en espérant faire baisser les chiffres (ça n'a même pas marché) ;
- il a supprimé la police de proximité, cette "connerie" issue de la gauche plurielle, et constatant comme toujours tardivement qu'il était en train de saborder son propre navire sécuritaire, a inscrit à son programme de campagne "police de quartier". Même pas la honte, le Nicolas ;
- il encourage les keufs à faire du chiffre à grands coups de primes. Du coup, seuls les petits délinquants et les cochons de payeurs que nous sommes sont éreintés par la police. Le grand banditisme et la délinquance en col blanc, c'est long, c'est difficile, du coup ça rapporte moins au planton : on s'en occupe plus. Dommage, ce sont eux qui tirent les ficelles du vrai gros crime organisé...
- il insulte un ministre de son propre gouvernement et menace de lui casser la gueule ;
- en visite de campagne à Meaux, un fief de l'UMP, il vient pour "rencontrer cent jeunes des quartiers difficiles". Arrivé un paquet de temps à la bourre, il est accompagné de plus de 300 agents des forces de l'ordre, soit 3 keufs par jeune. Waoh la rencontre ;
- il a promis de revenir toutes les semaines dans les banlieues chaudes : il n'a jamais tenu cette promesse ;
- il a menacé devant témoins de virer la direction et les journalistes gauchisants de France 3 parce qu'il avait été forcé d'attendre pour être maquillé avant une émission avec Ockrent ;
- l'essentiel de ses déplacements de campagne présidentiels ont été pris en charge par les Français au titre de son ministère. Et les frais qui restent vont être remboursés aussi par les Français. Dépensez sans compter, les gars, on s'en fout c'est avec leur pognon ;
- il a fait voter, avec ses lois sécuritaires, l'inscription au fichier national des délinquants sexuels élargi de tous les gens soupçonnés (c'est-à-dire même pas condamnés par un juge, juste sur décision d'un flicaillon de base, comme ça) d'un quelconque délit, même petit. En gros, tous fichés, tous coupables, flippez dans votre caleçon, les gars, on sait qui vous êtes. Et si vous êtes dans le fichier, c'est que vous avez des choses à vous reprocher, non ? Puisque c'est un fichier de suspects...
- contre la réalité factuelle et avérée, il a accusé les magistrats du Tribunal de Bobigny de ne pas faire leur boulot et d'être laxistes avec les délinquants en terme de peines de prison et de punitions. En même temps, je le vois pas trop voter d'enveloppe budgétaire pour améliorer le suivi psy et la réinsertion des détenus. Et hop, retour à la case départ...
- il a fait fermer le centre de Sangatte. Depuis, les candidats au Royaume-Uni sont toujours là, dans la rue, dans les villes alentour, et régulièrement les flics viennent foutre le feu à leurs tentes et les tabasser (ça sent le Malik Oussékine) pour les décourager. Les journalistes télé, courageux, n'en parlent jamais. Vive la Star Academy, c'est tellement plus intéressant.
 
       Avec tout ça, dans ces pays anglo-saxons qu'il affectionne tant et auquel il voudrait tant faire ressembler la France (ouais, vite, je veux devenir les USA, construire des murs autour de chez moi pour empêcher les immigrants de venir, faire péter ma dette publique, faire tenir mon pays par la peur et la guerre aux étrangers où j'envoie mes minorités crever au combat, et faire exploser mon quota de citoyens au-dessous du seuil de pauvreté), avec toutes ces casseroles, il aurait déjà été crucifié. Par la presse, par le peuple, par ses pairs.
               Mais ici c'est la France, et la France abreuvée de conneries télévisuelles et de servilité cloportoïde des journaleux à 3 euros qui refusent de demander à Sarko, en pleine campagne électorale, ce qu'il en est réellement de son appartement à pas cher et comment il justifie ça, cette France se laisse enculer sans même prendre la peine de dire ouille. Limite, elle sourit, la France, quand elle se fait entuber. J'en ai mal à la démocratie.
 
       Mais moi, je veux pas qu'on crucifie Nicolas Sarkozy. Je veux juste qu'on l'empêche de nuire.
                C'est simple, si simple que même un adorateur de Nicolas Sarkozy peut le comprendre :
Moi, j'ai rien à me reprocher.
Je n'ai tué personne.
Je n'ai violé personne.
Je n'ai volé personne.
Je ne suis ni un terroriste, ni un délinquant, ni un toxicomane, ni un proxénète, ni un nazillon, ni un fasciste.
Je paie mes impôts.
Je paie mes amendes.
Je suis blanc.
Avec tout ça, je devrais être à l'abri de Sa(r)Kolère. Et pourtant il me fait peur.
 
       Parce qu'un type énervé comme ça, qui a un avis sur tout, qui ne revient jamais sur sa décision, qui ne s'excuse jamais, s'il décide un jour que je suis coupable de quelque chose, il trouvera le moyen de fabriquer des preuves contre moi.
                Pour un Sarko, je suis coupable d'avance. Mais je ne sais pas encore de quoi. Et je devrais vivre avec cette peur ? Et ma femme ? Et ma fille, aussi, devraient subir cette peur ?
                Et si moi, qui suis pour l'instant à l'abri, j'en fais dans mon froc à ce point, que doivent ressentir en ce moment les gens un peu "limite" ? Hmmm ? La maman sénégalaise d'une de mes amies, 20 ans passés à bosser en France et à payer ses impôts sans avoir le droit de vote, elle doit pas se sentir rassurée de voir qu'on confie à un menteur mégalomane les clés de son immeuble.
                Et mon copain Ali, qui vit de petits boulots dans le bâtiment parce qu'en France il n'y a pas assez d'ouvriers, et qui n'a pas de papiers, qu'est-ce qu'il en pense ? Lui, il demande que ça, à vivre normalement. Il l'aime ce pays, il aime les gens qui sont là. Mais pour lui, c'est aller-simple en charter dès qu'il croisera les uniformes Sarkophiles.
                Et mes voisins du dessous, qui sont aussi gentils qu'ils sont Noirs, et qui souffrent comme nous d'habiter avec leurs enfants un quartier pourri et totalement dégueulasse car saturé de la misère que Neuilly et consorts refusent de prendre en charge pour la soulager, et qui souffrent plus que nous avec leurs têtes de Noirs dans un monde régi par les blancs des regards fuyants, de la discrimination et du racisme latent. Quelque chose me dit qu'avec ses clins d'oeil au FN, ses allusions eugénistes et ses propos plus minables que ceux d'un Pascal Sevran au meilleur de sa forme, Sarkozy leur colle les foies.
       Tous ces gens ont peur, peur d'une seule chose : que Sarkozy décide en les regardant de travers qu'ils sont coupables. Sarkozy te juge d'avance. Même si tu lui souris.
       Sarkozy, c'est comme le Tony Montana que tous les imbéciles d'idolâtres banlieusards déifient comme un modèle de vie à suivre sans comprendre que ce "héros" fictif a tout fait pour mourir en ne laissant derrière lui que cadavres, souffrance et tâches de sang : avec Sarkozy, un jour tu es son ami, le lendemain il n'est pas content car tu l'as regardé de travers ou tu as avalé ta salive ou tu as mangé de l'ail ou tu n'as pas rabaissé la cuvette des chiottes, et paf t'es mort.
                Sarkozy, c'est clairement pas quelqu'un qui a choisi de se mettre au service du peuple par conviction. C'est quelqu'un qui a choisi de s'appuyer sur le peuple pour être au dessus. Sarkozy ne sert que lui-même. Compassion, rédemption, prévention : connais pas. Petit, brun, droit dans ses bottes, qui n'écoute personne et impose son discours en promettant un avenir meilleur dont lui seul aurait le secret... ça me rappelle mes cours d'Histoire sur l'Allemagne des années 30, cette montée en puissance des populistes façons "je vais te protéger de tes peurs". Sauf que, au top ten de mes peurs, le premier, c'est toi, le petit homme toxique.
       Pour ces raisons, et aussi parce que le Président de la République est aussi le chef des armées et le titulaire du code de l'arme nucléaire en France, je ne veux pas que Sarkozy devienne président.
               C'est plus une question de tout sauf Sarko, ou tout sauf Ségo. Le débat est le même qu'en 2002, à la virgule près. Il s'agit de savoir si on vote pour quelqu'un qui nous agace, ou pour quelqu'un qui nous menace.
               J'ai voté Ségolène, en voulant voter pour d'autres. J'aurais voulu un candidat avec la patate et la franchise de Besancenot, la pondération et l'esprit de conciliation (réel, je l'espère) de Bayrou, avec les pieds sur Terre comme Buffet, avec la conscience de l'urgence écologique de Voynet, avec... euh, rien de Villiers, de Schivardi, de Le Pen, de Nihous, avec l'expérience et la puissance stratégique du PS. C'était un vote par défaut. De nouveau.
               Je crois encore en des lendemains meilleurs, mais il vaudrait plutôt mieux que Bayrou et Ségolène se mettent d'accord pour bosser ensemble. Il vaut mieux un gouvernement à deux têtes de centre-gauche qu'une autocratie de droite ("mes références : De Gaulle et Jean-Paul II" - que les Algériens et les sidéens que cela consterne se manifestent, je crois qu'il faut qu'on les écoute).
-G4rF-